2009.07.26
POMPIDOU ET MOI

Doux et Heureux KMAIR*,
Je me souviens qu'en 1970, un dimanche, au cours d'un déjeuner chez les Pompidou, je racontais au président de la République :
"Georges, je connais un très bon jardinier qui gagnait bien sa vie, qui travaillait bien, qui avait un fils qui allait lui succéder. Il a dû, pour s'en sortir avec les règles administratives, créer une petite société. Depuis il ne s'occupe plus que de chiffres, il est noyé par la paperasse, il travaille très mal, son fils va le quitter pour aller s'engager comme fonctionnaire jardinier au château de Versailles. Mon jardinier est malheureux, c'est un homme honnête. Est-ce que toutes ces paperasses, que nous avons de plus en plus à remplir, sont "créées" pour habituer les malheureux Français au Marché commun, avec les "montants compensatoires", les TVA, les chiffres divers, pour les dresser à la mécanique de l'Europe à venir ?"
Et Georges de répondre : "On n'en sait rien. C'est comme un cancer. La paperasse se développe, entraîne d'autres paperasses, et finit par tout occuper"
posted by OSTIAN@20:30CEST
photo-copy Flickr LOVES YOU
LA LANTERNE
Gardens of Versailles
Originally Uploaded by *Toshio*.
I used a Cokin graduated tobacco filter for this shot of the Gardens of Versailles, just outside Paris, France.
You can see the Chateau on the left.

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2009.01.20
IL Y AURA...
Doux et Heureux KMAIR*,
Je me remémore notre conversation sous le porche...
Il y aura un printemps joyeux, un été opulent, un automne coloré, et nous aurons l'occasion de cueillir des jonquilles d'abord puis des fleurs des champs. Les montagnes demeureront belles et les lacs pacifiants, des sentiers se graviront comme d'habitude, montant vers l'azur.
Il y aura des jours de joie intense où nous aurons dès les matins, le sentiment que tout commence, que la vie vient juste de naître et qu'il faut se préparer à la goûter délicieusement. Nous aurons des rencontres nouvelles avec des visages nouveaux qui nous gratifieront de sourires inédits.
Il y aura des silences intenses, profonds et vastes où l'esprit pourra se reprendre et l'âme souffler.
Il y aura des ferveurs. De ces ferveurs dont on se souvient et qui ponctuent vos trajectoires.
Il y aura, c'est sûr, des malfaisants et des forbans en nombre, mais pour combien de braves gens simples et lumineux qui donnent par leur modestie, leur sérénité, une idée de sainteté ?
Invariantes ces émotions qui vous réconcilient avec l'existence : des regards ; des paroles échangées ou reçues ; des lectures qui vous transportent ; des musiques qui vous permettent de vous élancer au-dessus de tout ; des oeuvres des l'esprit qui vous rendent... intelligents ; des méditations qui s'approfondissent en vous ; des poèmes qui vous font frissonner ; des prières ou des chants ramenés par les filets de la nostalgie ; des romans puissants, haletants, nécessaires ; des histoires du temps d'avant ; ni d'or ni de plomb ; des tableaux où se rassemble sur une surface dérisoire toute la lumière du monde...
Sur Toi le Salut de Dieu, Sa Bénédiction et Sa Miséricorde.
posted by OSTIAN@11:00CET
Photo Originally Uploaded by Thomas Hawk.
Obama Vs McCain
I went to the site Real Clear Politics where they collect transcripts of political speeches. I took the last speech they had transcribed by Barack Obama and the last speech they had transcribed from John McCain and pasted both speeches into separate Wordles.
The above image is what came out. The top wordle comes from Barack Obama's recent Townhall speech in Elkhart, Indiana. The bottom wordle comes from John McCain's speech in Jackson, Ohio.
You can view this large here...
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2007.09.28
VERBATIM

Madame la Présidente,
Distingués Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs.
Je remercie Dieu Tout-Puissant, Miséricordieux et Connaissant-Tout pour avoir bien voulu me donner une nouvelle occasion de m'adresser à cette Assemblée au nom de la grande nation d'Iran et de porter à l'attention de la communauté internationale un grand nombre de problèmes.
Je remercie aussi le Tout-Puissant pour la vigilance croissante des peuples sur Terre, pour leur présence courageuse dans différents cadres internationaux et pour l'expression courageuse de leurs points de vue et de leurs aspirations sur les questions globales.
Aujourd'hui, l'humanité a passionnément soif d'un engagement vers la Vérité, la dévotion à Dieu, la quête de la Justice et le respect de la dignité des êtres humains. Le rejet de la domination et de l'agression, la défense des opprimés et l'aspiration à la paix constituent l'exigence légitime des peuples du monde, en particulier des nouvelles générations et de la jeunesse pleine d'entrain, qui aspire à un monde libéré de la décadence, de l'agression et de l'injustice, et qui soit rempli d'amour et de compassion. La jeunesse a le droit de rechercher la justice et la Vérité ; et [les jeunes] ont le droit de construire leur propre futur sur les fondations de l'amour, de la compassion et de la tranquillité. Et je remercie le Tout-Puissant de cette immense bénédiction.
Madame la Présidente,
Excellences,
Ce qui afflige l'humanité aujourd'hui n'est certainement pas compatible avec la dignité humaine ; le Tout-Puissant n'a pas créé les êtres humains pour qu'ils commettent des pêchés contre d'autres et qu'ils les oppressent.
En causant la guerre et les conflits, certains étendent rapidement leur domination, accumulant une très grande richesse et usurpant toutes les ressources, tandis que les autres endurent la pauvreté, la souffrance et la misère qui en résultent.
Certains cherchent à diriger le monde par les armes et la menace, tandis que d'autres vivent dans l'insécurité et le danger perpétuels.
Certains occupent la terre des autres, à des milliers de kilomètres de leurs frontières, interfèrent dans leurs affaires et contrôlent leur pétrole et autres ressources et routes stratégiques, tandis que d'autres sont bombardés quotidiennement dans leurs maisons ; leurs enfants sont assassinés dans les rues et les ruelles de leur propre pays et leurs maisons sont réduites à l'état de gravats.
Un tel comportement n'est pas digne des êtres humains et va à l'encontre de la Vérité, de la justice et de la dignité humaine. La question fondamentale est : dans de telles conditions où les opprimés doivent-ils rechercher la justice ? Qui ou quelle organisation défend les droits des opprimés ? Et qui réprime les actes d'agression et d'oppression ? Où se trouve le siège de la justice mondiale ?
Un rapide coup d'œil à quelques exemples sur les questions mondiales les plus pressantes est nécessaire pour mieux illustrer ce problème.
A. L'expansion effrénée des armes nucléaires, chimiques et biologiques
Certaines puissances annoncent la production d'armes nucléaires de deuxième ou troisième génération. Pour quelle raison ont-elles besoin de ces armes ? Est-ce que le développement et le stockage de ces armes de mort sont destinés à promouvoir la paix et la démocratie ? Ou ces armes sont-elles, en fait, des instruments de coercition et de menace contre les autres peuples et gouvernements ? Combien de temps les habitants du monde doivent-ils vivre dans le cauchemar des armes nucléaires, biologiques et chimiques ? Qu'est-ce qui limite les puissances à produire et à posséder ces armes ? Comment peuvent-ils rendre des comptes à la communauté internationale ? Et les habitants de ces pays sont-ils satisfaits du gaspillage de leur richesse et de leurs ressources pour la production de tels arsenaux destructeurs ? N'est-il pas possible de compter sur la justice, la morale et la sagesse plutôt que sur ces instruments de mort ? La sagesse et la justice ne sont-elles pas plus compatibles avec la paix et la tranquillité que les armes nucléaires, chimiques et biologiques ? Si la sagesse, la morale et la justice prévalent, alors l'oppression et l'agression seront déracinées, les menaces s'évanouiront et il ne restera aucune raison pour [qu'il y ait] des conflits. Ceci est une proposition forte parce que la plupart des conflits globaux émanent de l'injustice et des puissants qui, ne se contentant pas de leurs propres droits, cherchent à dévorer les droits des autres.
Les gens sur toute la planète embrassent la justice et sont prêts à se sacrifier pour elle.
Afin d'assurer leur longévité et de gagner les cœurs et les esprits, ne serait-il pas plus facile pour les puissances mondiales de prendre fait et cause pour la véritable promotion de la justice, de la compassion et de la paix, plutôt que de rechercher la prolifération continuelle des armes nucléaires et chimiques et de menacer de les utiliser ?
L'expérience de la menace et de l'utilisation des armes nucléaires est devant nous. Est-ce que cela a permis à leurs auteurs d'accomplir autre chose que l'exacerbation des tensions, de la haine et de l'animosité entre les nations ?
B. L'occupation de pays et l'exacerbation des hostilités
L'occupation de pays, y compris l'Irak, s'est poursuivie pendant ces trois dernières années. Pas un seul jour ne passe sans que des centaines de personnes ne soient tuées de sang-froid. Les occupants sont incapables d'établir la sécurité en Irak. Malgré l'établissement du Gouvernement et de l'Assemblée Nationale légaux de l'Irak, il y a des efforts secrets et manifestes pour intensifier l'insécurité, exagérer et aggraver les différences au sein de la société irakienne et conduire au conflit civil.
Il n'y a aucune indication que les occupants aient la volonté politique nécessaire pour éliminer les sources de l'instabilité. De nombreux terroristes ont été appréhendés par le Gouvernement irakien, seulement pour être lâchés en liberté sous divers prétextes par les occupants. Il semble que l'intensification des hostilités et du terrorisme serve de prétexte à la présence continue des forces étrangères en Irak.
Où les Irakiens peuvent-ils chercher refuge ? Et de qui le Gouvernement de l'Irak devrait-il chercher la justice ?
Qui peut assurer la sécurité de l'Irak ? L'insécurité en Irak affecte toute la région.
Est-ce que le Conseil de Sécurité peut jouer un rôle pour restaurer la paix et la sécurité en Irak, tandis que les occupants sont eux-mêmes des membres permanents de ce Conseil ? Le Conseil de Sécurité peut-il adopter une décision juste à cet effet ?
Considérez la situation en Palestine :
Les racines du problème palestinien remontent à la Deuxième Guerre Mondiale. Au prétexte de protéger quelques survivants de cette Guerre, la terre de Palestine a été occupée par la guerre, l'agression et le déplacement de millions de ses habitants ; cela s'est fait sous le contrôle de certains survivants de la Guerre, amenant même d'ailleurs dans le monde des groupes plus grands de population, qui n'avaient pas été affectés par la Deuxième Guerre Mondiale ; et un gouvernement a été établi sur le territoire des autres avec une population rassemblée de partout dans le monde aux dépends de millions d'habitants légitimes de cette terre qui ont été dispersés et se sont retrouvés sans abri. Ceci est une très grande tragédie avec peu de précédent dans l'Histoire. Les réfugiés continuent de vivre dans des camps temporaires de réfugiés et beaucoup d'entre eux sont morts en espérant encore un jour retourner sur leur terre. Peut-il y avoir une logique, une loi ou un raisonnement légal qui justifie cette tragédie ? N'importe quel membre des Nations-Unies pourrait-il accepter qu'une telle tragédie se produise dans sa propre patrie ?
Les prétextes qui ont prévalu à la création du régime occupant Al-Qods Al-Sharif sont si faibles que ses partisans veulent faire taire toute voix qui essaye seulement d'en parler, puisqu'ils s'inquiètent qu'en faisant la lumière sur ces faits, cela saperait la raison d'être de ce régime, comme c'est le cas. Cette tragédie ne s'arrête pas avec l'établissement d'un régime sur le territoire des autres. Il est regrettable que ce régime, depuis ses débuts, ait été une source constante de menace et d'insécurité dans la région du Proche-Orient, livrant des guerres et répandant le sang et empêchant le progrès des pays de la région. Et il a aussi été utilisé par certaines puissances comme instrument de division, de coercition et de pression sur les habitants de cette région. La référence à ces réalités historiques pourraient causer l'inquiétude parmi les supporters de ce régime. Mais ce sont des faits véritables et pas un mythe. L'Histoire s'est déroulée sous nos yeux.
Encore pire est le soutien sans condition et injustifié donné à ce régime.
Regardez seulement ce qui arrive à la terre palestinienne. Les gens sont bombardés dans leurs propres maisons et leurs enfants assassinés dans leurs propres rues et ruelles. Mais aucune autorité, pas même le Conseil de Sécurité, ne peut leur offrir soutien ou protection. Pourquoi ?
En même temps, un gouvernement est formé démocratiquement et au moyen du libre choix de l'électorat, sur une partie du territoire palestinien. Mais au lieu de recevoir le soutien des soi-disant défenseurs de la démocratie, ses ministres et membres du parlement sont arrêtés illégalement et incarcérés à la vue et au su de la communauté internationale.
Quel conseil ou organisation internationale se lève pour protéger ce gouvernement assiégé brutalement ? Et pourquoi le Conseil de Sécurité ne peut-il prendre aucune mesure ?
Permettez-moi de parler du Liban :
Pendant trente-trois longs jours, les Libanais ont vécu sous un déluge de feu et de bombes et près de 1,5 millions d'entre eux ont été déplacés ; Pendant ce temps, certains membres du Conseil de Sécurité ont pratiquement choisi une voie qui a donné une ample occasion à l'agresseur de remplir ses objectifs militaires. Nous avons été témoins que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies était pratiquement paralysé par certaines puissances pour ne serait-ce qu'appeler à un cessez-le-feu. Le Conseil de Sécurité est resté les bras croisés pendant tant de jours, assistant aux scènes cruelles d'atrocités contre les Libanais tandis que des tragédies telles que Cana se répétaient continuellement ? Pourquoi ?
Dans tous ces cas, la réponse coule de source. Lorsque la puissance qui se trouve derrière ces hostilités est elle-même un membre permanent du Conseil de Sécurité, alors comment ce Conseil peut-il assumer ses responsabilités ?
C. Le manque de respect pour les droits des membres de la communauté internationale
Excellences,
Je voudrais à présent parler de quelques-uns des griefs du peuple iranien et parler des injustices qui leur sont faites.
La République Islamique d'Iran est membre de l'AIEA et est s'engagée dans le TNP. Toutes nos activités nucléaires sont transparentes, pacifiques et [se déroulent] sous les yeux scrutateurs des inspecteurs de l'AIEA. Alors pourquoi y a-t-il des objections à nos droits légalement reconnus ?
Quels gouvernements s'opposent à ces droits ? Des gouvernements qui bénéficient eux-mêmes de l'énergie nucléaire et du cycle du carburant. Certains d'entre eux ont abusé de la technologie nucléaire à des fins non-pacifiques, y compris la production de bombes nucléaires, et certains ont même un sombre passé pour les avoir utilisées contre l'humanité.
Quelle organisation ou quel Conseil devrait s'occuper de ces injustices ? Le Conseil de Sécurité est-il en position de le faire ? Peut-il faire cesser les violations des droits inaliénables des pays ? Peut-il empêcher certaines puissances d'entraver le progrès scientifique des autres pays ?
L'abus du Conseil de Sécurité, en tant qu'instrument de menace et de coercition, est certainement une source sérieuse d'inquiétude.
Certains membres permanents du Conseil de Sécurité, même lorsqu'il sont eux-mêmes parties des querelles internationales, menacent de façon commode les autres avec le Conseil de Sécurité et déclarent, même avant toute décision du Conseil, la condamnation de leurs opposants par le Conseil. La question est : qu'est-ce qui peut justifier une telle exploitation du Conseil de Sécurité et qui n'érode pas la crédibilité et l'efficacité du Conseil ? Une telle attitude peut-elle contribuer à la capacité du Conseil à maintenir la sécurité ?
Excellences,
Un passage en revue des réalités historiques précédentes conduirait à la conclusion que, malheureusement, la justice est devenue la victime de la force et de l'agression.
De nombreuses dispositions internationales sont devenues injustes, discriminatoires et irresponsables, en tant que conséquence de la pression excessive de la part de certains des puissants ;
Les menaces d'utiliser les armes nucléaires [1] et autres instruments de guerre par certaines puissances ont pris la place du respect des droits des nations et du maintien et de la promotion de la paix et de la tranquillité ;
Pour certaines puissances, les revendications de la promotion des droits de l'homme et de la démocratie ne peut durer que tant qu'ils peuvent être utilisés comme instruments de pression et d'intimidation contre les autres nations. Mais lorsque l'on en arrive aux intérêts des demandeurs, les concepts tels que la démocratie, le droit à l'autodétermination des nations, le respect des droits et de l'intelligence des peuples, de la loi internationale et de la justice ne trouvent aucune place ou valeur. Cela se manifeste ouvertement avec la façon dont le Gouvernement élu du peuple palestinien est traité, de même que dans le soutien étendu au régime sioniste. Peu importe que les gens soient assassinés en Palestine, transformés en réfugiés, capturés, emprisonnés ou assiégés ! Les droits de l'homme ne doivent pas être violés.
- Les nations ne sont pas égales dans l'exercice de leurs droits reconnus par la loi internationale. Jouir de ces droits dépend des caprices de certaines puissances majeures.
- Apparemment, le Conseil de Sécurité ne peut être utilisé que pour assurer la sécurité et les droits de quelques grandes puissances. Mais lorsque les opprimés sont décimés sous les bombes, le Conseil de Sécurité doit se tenir à l'écart et ne doit même pas appeler à un cessez-le-feu. N'est-ce pas une tragédie aux proportions historiques pour le Conseil de Sécurité, qui a la charge de maintenir la sécurité des pays ?
- L'ordre qui prévaut dans les interactions mondiales contemporaines est tel que certaines puissances se comparent elles-mêmes à la communauté internationale et considèrent que leurs décisions priment sur 180 pays. Elles se considèrent comme les maîtres et les dirigeants du monde entier et les autres nations comme étant seulement de second ordre dans l'ordre du monde.
Excellences,
La question doit être posée : si les Gouvernements des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui sont des membres permanents du Conseil de Sécurité, commettent des agressions, occupent des pays et violent la loi internationale, quels sont les organes de l'ONU qui peuvent prendre leurs violations en compte ? Un Conseil, dans lequel elles sont des membres privilégiés, peut-il traiter de ces violations ? Cela est-il jamais arrivé ? En fait, nous avons régulièrement assisté à l'inverse. Si elles ont des différents avec une nation ou un Etat, elles le traîne devant le Conseil de Sécurité et, en tant que demandeurs, elles s'arrogent à elles-même les rôles simultanés de procureur, de juge et d'exécuteur. Est-ce un ordre juste ? Peut-il y avoir un cas plus flagrant de discrimination et une preuve plus limpide de l'injustice ?
Il est regrettable que la persistance de certaines puissances hégémoniques à imposer leur politique d'exclusion sur les mécanismes internationaux de prise de décision, y compris le Conseil de Sécurité, ait résulté en une défiance grandissante dans l'opinion publique mondiale, sapant la crédibilité et l'efficacité de ce système le plus universel de sécurité collective.
Excellences,
Combien de temps peut durer une telle situation dans le monde ? Il est évident que le comportement de certaines puissances constitue le plus grand défi pour le Conseil de Sécurité, l'ensemble de l'organisation et de ses agences affiliées.
La structure actuelle et les méthodes de travail du Conseil de Sécurité, qui sont les héritages de la Deuxième Guerre Mondiale, ne sont pas les réponses aux espérances de la génération actuelle et aux besoins contemporains de l'humanité.
Aujourd'hui, il est indéniable que le Conseil de Sécurité, de la manière la plus cruciale et la plus urgente, a besoin de légitimité et d'efficacité. Il faut reconnaître que tant que le Conseil est incapable d'agir, d'une manière transparente, juste et démocratique, au nom de la communauté internationale dans son ensemble, il ne sera ni légitime, ni efficace. De plus, la relation directe entre l'abus du veto et l'érosion de la légitimité et de l'efficacité du Conseil n'a pas été clairement et incontestablement établi. Nous ne pouvons pas, et nous ne devrions pas, espérer l'éradication, ou même contenir l'injustice, l'exploitation et l'oppression, sans une réforme de la structure et des méthodes de travail du Conseil.
Est-il approprié d'espérer que cette génération se soumette aux décisions et aux arrangements établis il y a plus d'un demi-siècle ? Cette génération ou les générations futures n'ont-elles pas le droit de décider elles-mêmes du monde dans lequel elles veulent vivre ?
Aujourd'hui, une reforme sérieuse de la structure et des méthodes de travail du Conseil de Sécurité est, plus que jamais auparavant, nécessaire. La justice et la démocratie imposent que le rôle de l'Assemblée Générale, en tant qu'organe le plus élevé des Nations-Unies, doit être respecté. L'Assemblée Générale pourra alors, au moyen de mécanismes appropriés, entreprendre la tâche de réformer l'Organisation et, en particulier, sauver le Conseil de Sécurité de son état actuel. Dans l'intérim, le Mouvement des Non-Alignés, l'Organisation de la Conférence Islamique et le continent africain devraient chacun avoir un représentant comme membre permanent du Conseil de Sécurité, avec le privilège du veto. L'équilibre qui en résulterait empêcherait, avec un peu de chance, de fouler un peu plus les droits des nations.
Madame la Présidente,
Excellences,
Il est essentiel que la spiritualité et la morale trouvent leur place légitime dans les relations internationales. Sans la morale et la spiritualité, atteintes à la lumière des enseignements des prophètes de Dieu, la justice, la liberté et les droits de l'homme ne peuvent être garantis.
La résolution des crises humaines contemporaines résident dans l'observation de la morale et de la spiritualité et dans la gouvernance par des gens vertueux de haute compétence et piété. Si le respect des droits de l'homme devenait l'objectif prédominant, alors l'injustice, les mauvaises humeurs, l'agression et la guerre s'estomperaient. Les êtres humains sont tous des créatures de Dieu et ils sont tous dotés de la dignité et du respect.
Personne n'est supérieur aux autres. Aucun individu ou Etat ne peut s'arroger de privilèges spéciaux, ils ne peuvent pas non plus rester indifférents aux droits des autres et, par l'influence et la pression, se positionner comme la "communauté internationale". Les citoyens de l'Asie, de l'Afrique, de l'Europe et de l'Amérique sont tous égaux. Plus de six milliards d'habitants de la Terre sont tous égaux et méritent le respect.
La justice et la protection de la dignité humaine sont les deux piliers pour maintenir une paix, une sécurité et une tranquillité durables dans le monde.
C'est pour cette raison que nous déclarons :
Une paix et une tranquillité durables dans le monde ne peuvent être atteintes qu'au moyen de la justice, de la spiritualité, de la morale, de la compassion et du respect de la dignité humaine.
Toutes les nations et tous les Etats ont droit à la paix, au progrès et à la sécurité.
Nous sommes tous membres de la communauté internationale et nous sommes tous habilités à insister sur la création d'un climat de compassion, d'amour et de justice.
Tous les membres des Nations-Unies sont affectés par les événements et les développements dans le monde d'aujourd'hui, qu'ils soient cruels ou doux.
Nous pouvons adopter des décisions fermes et logiques, améliorant de ce fait les perspectives d'une vie meilleure pour les générations actuelles et futures.
Ensemble, nous pouvons éradiquer les racines des maladies et des affections cruelles, et à la place, au moyen de la promotion des valeurs universelles et durables telles que la morale, la spiritualité et la justice, permettre à nos nations de goûter à la douceur d'un avenir meilleur.
Les peuples, conduits par leur nature divine, recherchent au fond d'eux Dieu, la Vertu, la Perfection et la Beauté. En nous reposant sur nos peuples, nous pouvons avancer à pas de géant vers la réforme et paver la route pour la perfection humaine. Que nous soyons ou non d'accord, la justice, la paix et vertu prévaudront tôt ou tard, avec la volonté de Dieu Tout-Puissant. Il est impératif, et aussi souhaitable, que nous contribuions aussi à la promotion de la justice et de la vertu.
Le Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, qui est le Créateur de l'Univers, est aussi son Maître et son Dirigeant. La Justice est Son commandement. Il commande à Ses créatures de se soutenir entre elles dans la Bonté, la vertu et la piété, et non pas dans la décadence et la corruption.
Il commande à Ses créatures de s'enjoindre les unes les autres à la droiture et à la vertu et non pas au pêché et à la transgression. Tous les prophètes Divins, du prophète Adam (que la paix soit sur lui) au prophète Moïse (que la paix soit sur lui) au prophète Jésus Christ (que la paix soit sur lui) au prophète Mohammed (que la paix soit sur lui), ont appelé l'humanité au monothéisme, à la justice, à la fraternité, à l'amour et à la compassion. N'est-il pas possible de construire un monde meilleur, basé sur le monothéisme, la justice, l'amour et le respect des droits des êtres humains, et ainsi transformer l'animosité en amitié ?
Je déclare catégoriquement que le monde d'aujourd'hui, plus que jamais auparavant, se languit de personnes justes et vertueuses avec de l'amour pour toute l'humanité ; et, par-dessus tout, tous se languissent de l'être humain vertueux et parfait et du réel sauveur qui a été promis à tous les peuples et qui établira la justice, la paix et la fraternité sur la planète.
Dieu Tout-Puissant, tous les hommes et les femmes sont Tes créatures et Tu as décrété qu'ils seraient guidés et secourus. Confère à l'humanité, qui a soif de justice, l'être humain parfait promis à tous par Toi ! Et fais de nous ses adeptes et ceux qui recherchent son retour et sa cause !
Le Président AHMADINEJAD A L'ONU.
(seul le prononcé fait foi)
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Secret Service
The guys who snuck Ahmadinejad out the back.
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on 25 Sep 07, 5.07AM CEST.
DEFCON DEFense CONdition
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Verbatim est un mot qui vient du latin verbum (mot).
Employé comme adverbe, il signifie « textuellement » ou « mot pour mot » ou encore « texto ».
Employé comme nom commun il désigne une citation textuelle, mot à mot d'une allocution ou d'un discours.
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23:05 Publié dans OSSEVATORE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : POLITIQUE, DÉMOCRATIE, IRAN, ORANGE, ONU, INTERNATIONNAL
2007.09.16
NOUVELLE LETTRE DE SEIGNOSSE

Chers amis,
Je veux vous dire combien je suis heureux de ces rencontres, et combien je veux remercier ceux qui les ont organisées, sous la direction de Jean-Marie Cavada, autour de lui, l’équipe des Jeunes qui a travaillé tout l’été ; tous les collaborateurs et bénévoles ; les responsables locaux de notre famille politique… Je suis heureux de saluer et de remercier Ladislas de Hoyos, maire de Seignosse, et je veux remercier l’équipe qui m’a entouré toute cette période. (…) ; l’équipe que nous formons ensemble est solide, expérimentée et forte, contrairement à ce qu’on écrit ici ou là…
Je suis heureux que nous vivions ce moment de fondation ensemble et j’éprouve une impression de responsabilité très grande. La question est celle-ci : est-ce que l’offre politique qui a été proposée aux Français jusqu’à maintenant, est-ce que cette offre est suffisante ? Est-ce que cette offre est satisfaisante ? Est-ce que l’UMP, version Nicolas Sarkozy, le Parti socialiste, comme les deux choix obligatoires, avec autour d’eux un nombre limité de satellites sans grande importance… Est-ce la bonne réponse aux attentes de notre peuple, aux attentes présentes, aux attentes à venir ?
Pendant des mois de campagne électorale présidentielle, mon engagement n’a eu qu’un sens, et le vôtre avec moi : montrer aux citoyens qu’ils n’étaient pas condamnés à ce choix entre deux impasses. Qu’il était de leur droit d’électeur, et de notre devoir de candidat, de tracer un autre chemin.
Et je veux vous dire quelle était l’orientation de ce chemin : non pas le « ni-ni », j’ai toujours détesté cette expression, non pas le « moitié-moitié », mais une voie originale, dont je veux rappeler les principaux axes. C’est du positif que nous faisons, c’est un projet que nous défendons.
Nous avons dit aux Français : l’affrontement clanique d’un camp contre l’autre n’est pas l’avenir de la France !
Nous avons dit aux Français : le pays souffre d’un manque de vérité, le déficit que nous accumulons, la dette qui en résulte, personne n’y gagne. Et au bout du compte, c’est tout le pays et d’abord les plus fragiles, qui devront la solder !
Nous avons dit aux Français : penser l’économique sans penser le social, et vouloir le social sans penser l’économique, c’est se condamner à l’échec, échec par rejet d’un côté, échec par insuffisance de l’autre. Nous voulons au contraire penser en un seul mouvement ce que nous avons appelé la « social-économie » : créativité, solidarité, durabilité !
Nous avons dit aux Français : si dans un temps difficile, vous ne devez retenir qu’une seule priorité, retenez l’éducation ! Et au lieu de saupoudrer l’argent des aides aux entreprises, concentrez-le sur la création d’emplois nouveaux : d’où les deux emplois sans charge par entreprise, une des propositions que les Français avaient le plus entendues.
Et tout cela les Français, qui se sont investis comme jamais dans une campagne électorale, tout cela les Français l’ont entendu, ils se sont mobilisés dans un mouvement de confiance sans précédent à ma connaissance, qui nous a fait passer de 6 % à près de 19 % des voix en quelques semaines.
Et naturellement, nous, vous, moi, l’équipe qui m’entourait, nous avons vécu ce surgissement, cette vague, avec le cœur battant, avec le sentiment de vivre un moment historique, sans avoir tous les jours la certitude que cela allait durer … puisque tous les commentateurs, tous les savants, tous les doctes docteurs, nous disaient que c’était impossible, que cela allait s’écrouler, allait disparaître ! Que nous n’avions pas à exister ! Et d’ailleurs, ils continuent et vont continuer imperturbablement pendant les cinq ans qui viennent ! Jusqu’à ce que la réalité, que nous allons préparer, les démente. Je pense souvent, fraternellement, à ces sept millions de Français, de femmes et d’hommes de chez nous, de toutes les régions, de toute condition sociale, de toute origine : ce qu’il leur a fallu de constance, de tranquille audace pour braver tous ces savants, pour maintenir leur choix ! Et je pense aussi aux autres, -combien de millions sont-ils ?- qui voulaient les rejoindre, qui ont envisagé de voter pour nous, et qui ont fini par être impressionnés, et qui ont renoncé au vote dont ils avaient envie pour faire un vote de raison, d’un côté ou de l’autre, dont ils avaient moins envie, dans lequel ils se reconnaissaient moins, mais qu’on leur décrivait comme un vote utile…
Et donc, à l’occasion de cette élection, deux choses ont été prouvées : la première, qu’il existait un grand courant démocratique en émergence dans notre pays. Et la seconde, qu’on a totalement ignorée mais que je veux souligner, c’est que même dans l’état de nos institutions, état pourtant critiquable ô combien, ce grand courant démocratique était en réalité dès 2007 en situation de réussir son pari. Car maintenant que nous avons vécu ensemble – travaux pratiques ! - la première élection au rythme du quinquennat, nous savons bien que l’élection présidentielle détermine l’élection législative et que si nous avions gagné, une vague orange aurait immédiatement créé un équilibre nouveau dans notre pays !
Comme vous le savez, aussi près que nous ayons été, cela n’a pas été le cas, et nous avons vécu alors des élections législatives dans une très grande difficulté. Et je veux dire ma gratitude et mon amitié aux quelques 500 candidates et candidats qui ont porté nous couleurs dans cette situation extrêmement difficile … je voudrais qu’ils se lèvent et que vous les applaudissiez, ceux qui sont dans cette salle ! Dans un contexte aussi difficile, ils ont réuni autour d’eux, qui n’étaient quelquefois pas connus, pas expérimentés, une moyenne de plus de 8% des suffrages, ce qui dans toute grande démocratie, donne un rôle essentiel à la formation qui les réunit. Bien sûr, la hâte du plus grand nombre de nos députés sortants à se retrouver le plus vite possible du côté du pouvoir, cette hâte n’est pas une nouveauté. C’est une des faiblesses de la France, que tous les partis les uns après les autres hélas expérimentent, et c’est pitié que de voir ainsi la faiblesse de caractère s’habiller des grands mots de l’action pour se retrouver du côté du manche. Cela – je voudrais vous demander de le vérifier ! - ne se produit nulle part ailleurs dans aucun pays démocratique du monde, et c’est hélas la règle chez nous. La peur du risque, la peur de l’échéance électorale, l’attrait infini du pouvoir nouveau, comme si l’on craignait de manquer le train, les tentations naïves de quelque hochet, tout cela se conjugue pour que chancellent et très vite succombent les âmes qui paraissaient les mieux trempées ! Nous avons connu cela en 2002. Le RPR a connu cela du temps d’Edouard Balladur, de la guerre entre Jacques Chirac, il l’a connu auparavant du temps de Giscard. Maintenant le PS, qui en a longtemps été préservé, fait à son tour l’expérience amère de ce genre de faiblesse. Ceci est un handicap pour la France. La stabilité des élus politiques d’un pays, c’est un atout pour l’avenir. Regarder en face les grands enjeux ne se résume pas à la place qu’on veut occuper.
C’est hélas arrivé au plus grand. En 1951, le général de Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire conséquent : 100 députés. En quelques mois à peine, un par un d’abord puis par groupes entiers, ces députés se sont tournés vers les délices et les poisons du pouvoir de l’époque. De Gaulle s’est retrouvé seul, ou presque, et c’était pourtant de Gaulle ! Et en juillet 52, à peine un an après, devant cette désertion, le mouvement gaulliste a eu un terrible conseil national. Alors, au milieu de ce conseil national, Malraux s’est levé, et il a dit ceci, à quoi j’ai souvent pensé pendant cette période : « Si un certain nombre de parlementaires vous abandonnent, c’est dommage. C’est un incident. Mais si pour garder ces parlementaires, vous abandonnez une idée, l’idée dont vous avez vécu, ce n’est pas un incident. C’est un suicide. »
Alors, c’est un désagrément, bien sûr, et parfois, vous le savez bien, une déception humaine. Mais sur l’autre plateau de la balance, il y a vous ! Vous et les vôtres, et tous ceux que vous représentez ici, et tous ceux qui vont venir ! Vous, en chiffres d’abord : depuis le mois de juin, nous avons eu 45 000 adhésions nouvelles. L’UDF jusqu’en 2007, malgré les efforts nombreux qui nous faisions, c’était 30 000 adhésions au sens des statuts, c’est-à-dire la somme des adhérents sur deux ans. La moyenne, jusqu’en 2006, Michel Mercier pourra le confirmer, c’était donc de 15 à 16 000 adhésions acquittées par an. Et depuis la fin du mois de mai, 45 000 adhésions en deux mois, c’est trois fois plus !
Et bien sûr comme vous le savez, ce sont des adhésions spontanées, non sollicitées, ce n’est pas le résultat d’une campagne, on n’a pas dépensé un euro pour faire une campagne, c’est un mouvement de confiance. Voilà pourquoi j’ai dit hier à la presse que je croyais que dans les dix-huit mois, si nous travaillons bien, nous pouvons envisager sans crainte l’horizon des 100 000 adhérents pour le Mouvement Démocrate en France.
Cela, ce sont les chiffres, mais je vais vous faire une confidence, il y a longtemps que je ne compte plus en chiffres. En politique, je compte en visages. Visages nouveaux, venus à l’engagement pour la première fois de votre vie, qui parfois n’avaient jamais envisagé de faire ce pas. Visages plus anciennement engagés, qui ont eu d’autres parcours, parfois, et je n’ai rien oublié de ces parcours plus anciens. Ce long parcours du centrisme comme on dit - et ce parcours je l’ai fait avec vous et je n’en ai rien renié : CDS, parfois Centre Démocrate auparavant, quelquefois même MRP (il y a des personnes qui m’ont dit « je reviens pour la première fois depuis le MRP ! ») ; puis Force Démocrate, puis nouvelle UDF ; d’autres venus des rangs des libéraux, du Parti Républicain ; d’autres venus de l’écologie militante, Cap 21 avec Corinne Lepage, ceux qui militaient chez les Verts avec Jean-Luc Bennahmias, au Parti radical d’un bord et de l’autre, ceux qui ne se retrouvent plus au Parti Socialiste, d’autres venus de droite, du gaullisme, parfois plus à droite encore. Les uns recrus de déceptions, les autres avec l’enthousiasme des néophytes, en tout cas décidés une fois pour toutes à construire ensemble, avec les mêmes valeurs, parce que ce sont les valeurs qui font le ciment d’une action politique. Les uns et les autres avec une certitude commune : la situation de la France, telle qu’elle a été subie dans le passé, ne nous convient pas ; nous voulons lui donner un avenir différent, fondé non pas sur des intérêts seulement, mais sur des valeurs démocratiques ; et nous voulons le faire en rassemblant.
Voilà pourquoi j’ai voulu à la première minute de cette rencontre apporter modestement ma pierre, comme 700 autres parmi vous, en proposant (et libre à vous de corriger, réécrire, et réorienter) après avoir lu les centaines de contributions que vous avez adressées, sous toutes les formes, en prose le plus souvent, et parfois aussi en vers, en proposant un brouillon de charte des valeurs qui dise des choses précises, et non pas de vagues bla-bla sur ce que nous voulons en commun, et une charte éthique sur ce que ce combat suppose de droits et de devoirs.
Je sais bien que beaucoup d’autres ont travaillé et réfléchi à ces deux documents fondamentaux. Nous allons constituer avec eux les deux premiers groupes de travail, il y en aura beaucoup d’autres sur tous les grands sujets du pays, qui se mettront en place avant le congrès de fondation du mois de novembre. Et avant ce congrès, chacune des organisations départementales choisira des instances provisoires qui permettront que tout le monde soit représenté, que personne ne soit exclu.
Pour tous les débats, il y aura une organisation sur internet - et je veux remercier tous ceux qui s’occupent d’internet, avec Béatrice Pouyès, c’est une tâche très lourde, et je remercie à l’avance tous ceux parmi vous qui ont des compétences sur internet et vont se réunir à nous pour travailler à notre organisation internet. J’en profite pour dire à tous ceux qui m’eng… parce que ce n’est pas assez performant : c’est bien que vous nous eng…, c’est encore mieux que vous nous proposiez votre aide, votre participation !
Et ainsi se trouve naturellement la réponse à la question qui a été posée tout au long de l’été : « mais comment vont-ils pouvoir vivre ensemble ? ». Ils vont vivre ensemble, à égalité de droits et de devoirs –et j’y tiens-, parce qu’ils veulent vivre ensemble. Et ils considèrent que d’avoir des parcours différents, c’est une richesse pour travailler ensemble, ce n’est pas un handicap, c’est une richesse !
Et eux qui prônent le rassemblement en dehors, ils vont le pratiquer à l’intérieur. Et cet élargissement, ce rassemblement, cette rénovation, ça s’appelle la vie, la vie qui bouge, la vie qui fait bouger, la vie qui vous apprend que, comme dit à peu près l’Ecclésiaste, il y a un temps pour regarder le passé et un temps pour construire l’avenir.
J’ai un message pour chacun d’entre vous dans cette période où nous entrons : « soyez fiers de ce que vous êtes, soyez fiers de votre passé si vous en avez, et même de vos hésitations si vous en avez connu, ne reniez rien, assumez. Vous avez cru en quelque chose, vous vous êtes trompés peut-être, ou simplement les temps n’étaient pas mûrs. Eh bien, vous n’entrez pas dans cette maison contre ce que vous avez cru, vous y entrez avec ce que vous avez cru. Et c’est comme cela que nous allons parler à la France, parce qu’elle aussi est diverse, et qu’elle a besoin qu’on ait le cœur et l’âme assez large pour l’aimer comme elle est, dans sa diversité, dans son pluralisme, nous qui sommes les défenseurs du pluralisme, de la diversité, de la compréhension et du rassemblent… » Et nous porterons un seul nom. Et c’est un grand nom. Le Mouvement Démocrate.
Cela nous évitera d’avoir à nous définir par rapport aux autres – et ainsi de leur concéder un avantage décisif !
Il me semble que le temps est venu que nous nous définissions non pas par rapport aux autres, mais par rapport à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous croyons, à ce que nous voulons.
Je n’ai jamais renié ce qu’il y a de juste dans l’aspiration du centre. Mais dire centre, c’est se définir par rapport à la droite et par rapport à la gauche. Et nous, nous sommes démocrates !
Comme on dit « les conservateurs », comme on dit « les socialistes », on dira « les démocrates ».
Nous sommes démocrates d’abord parce que démo veut dire « peuple », et parce que nous croyons au peuple davantage qu’à toutes les oligarchies, à toutes les confiscations de pouvoir et de privilèges.
Nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’état de citoyen est un état supérieur d’appartenance à la cité.
Enfin nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’irruption de la société de l’information rend nécessaire et permet enfin que se réalise la conviction qu’a exprimée le premier, il y a cent ans, Marc Sangnier, que je n’ai jamais entendu formuler aussi précisément : « la démocratie est l’organisation sociale qui porte au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens ». Et nous, nous voyons dans cette conscience et dans cette responsabilité le moteur même du progrès de la société et du progrès individuel des hommes. Vous pouvez applaudir, ça me permet de boire un coup !
Et il y a un grand courant démocrate en formation dans le monde. Et le monde a besoin de ce courant.
En Chine, démocrate, cela veut dire résistant. Au Japon, démocrate, cela veut dire, ça va se passer ces jours-ci, défenseur du changement. Aux Etats-Unis, démocrate, cela veut dire hommes et femmes de progrès.
Et bientôt en Afrique, et bientôt en Amérique du Sud, et bientôt dans l’ensemble du sud-est asiatique, et déjà en Inde avec le Parti du Congrès, une internationale démocrate se formera.
Et chez nous, en Europe, vous avez vu vendredi avec Nick Clegg, ce qu’il y a d’énergie chez les Libéraux démocrates, vous avez vu avec Sandro Gozi qui nous apportait le salut de Francesco Rutelli et de Romano Prodi ; en France avec nous et bientôt, je le crois, dans l’ensemble des pays européens, l’organisation des démocrates dira que l’avenir ne se résume pas à la fatalité et à la soumission aux dominants. C’est notre message pour le continent européen et pour notre pays.
La question est celle-ci : soumission ou résistance au modèle dominant dans le monde ? Il y a un modèle dominant, extraordinairement efficace, extraordinairement puissant, extraordinairement performant, comme on dit, si du moins on considère que la performance se mesure uniquement à la puissance.
Ce modèle dominant, contrairement à ce qu’on dit en France, on ne doit pas le qualifier de « libéral ».
Du libéral, de la liberté, il en faut, et je ne crois pas que l’on puisse construire un projet de société humaniste qui ne prendrait pas en compte les principes qu’ont exprimé les grands penseurs libéraux. La liberté, c’est le premier des droits de l’homme, et comme vous le savez, l’habeas corpus l’a dit pour l’ensemble de l’Europe. Et la liberté c’est la condition d’une économie en bonne santé et d’une société en bonne santé.
Ce modèle, c’est le modèle « inégalitaire », et même le modèle super-inégalitaire, que j’ai appelé récemment dans la revue « Commentaire » le modèle d’inégalité croissante. Le modèle où les inégalités s’accumulent, au travers des générations. Des fortunes très vite faites, notamment dans l’univers financier, et par la suppression des droits de succession, l’accumulation de patrimoine, l’accumulation du capital, qui se poursuit sur plusieurs générations, faisant de l’inégalité croissante le principe même de ce modèle.
Une étude a parue cette semaine montre que l’augmentation du niveau de vie des Etats-Unis ces dernières années a profité, entièrement, aux 5 % les plus riches de la population américaine, et pour la moitié au 1 % les plus riches. Les 95 % autres, ceux qui travaillent, ceux qui triment, et qui travaillent beaucoup, et qui travaillent plus que nous, pour créer une croissance de l’ordre de 4 % par an, ceux-là ont stagné ou reculé ! Et cela est rendu possible, évidemment, par la pression continue que crée sur le marché du travail une immigration très importante, de l’ordre de 1,5 million / 2 millions de personnes par an, bien contents d’échapper à leur misère -et comment le leur reprocherait-on ?- et dont la présence toujours plus nombreuse explique que le prix du travail non qualifié baisse constamment. C’est une société inégalitaire, et ce n’est pas l’aspiration de la société française.
Je veux être parfaitement objectif : cela a été pensé, non pas voulu, mais pensé : l’inégalité croissante comme moteur des sociétés -et c’est un moteur bigrement puissant- l’accumulation continue de capital au profit de quelques-uns ; la prééminence de l’univers financier, obsédante, qui fait que ce qui défile constamment au bas des écrans des chaînes d’information, inlassablement, ce sont les cours de la bourse ; l’influence incroyable de cet univers sur la politique américaine, puisque ce sont ceux-là, les mêmes, qui paient les campagnes des deux camps, tout cela c’est un modèle de société, et ce n’est pas le nôtre.
Je croyais, je crois, je croirai toujours que face à ce modèle dominant, quand bien même tout le monde plierait, il y aurait toujours dans le monde une résistance, et que cette résistance, c’est celle de la France !
Inégalité comme principe, ou égalité comme recherche, ceci définit deux projets de société. Égalité ne se résume pas à égalitarisme. La recherche de l’égalité réelle, de droits et de devoirs, a besoin d’être redéfinie, elle ne l’a pas été depuis longtemps.
Et si j’ai eu depuis si longtemps une confrontation avec Nicolas Sarkozy, une confrontation politique, une confrontation sur le fond, c’est sur ce modèle de société.
Voyez-vous, je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps. Nous sommes de la même génération. Nous avons exercé à peu près au même âge des responsabilités – Marielle peut en dire quelque chose, elle qui coordonnait les Etats Généraux de l’Opposition au début des années 90 avec Alain Madelin et Nicolas Sarkozy.
J’admire son énergie, et il le sait. Je le lui ai dit. Il est brillant. Il ne baisse jamais les bras. Il sait communiquer. Il est tous les jours à la télévision, il est infatigable (c’est plutôt nous qui sommes fatigués, d’où la fortune de l’idée d’une journée par an sans Sarkozy à la télévision…), il est brillant, je lui ai dit qu’il est « vaillant », il s’occupe de tous les sujets, il a de l’organisation. Je ne suis pas en guerre avec lui, et encore moins en guérilla, parce que j’ai toujours pensé que quelle que soit la place qu’on occupe, au pouvoir, où il est, et même au pouvoir absolu, on va y revenir … ou hors du pouvoir, où nous sommes et où nous avons choisi d’être, quelle que soit la place qu’on occupe, on est co-responsables de l’avenir du pays, et il faut exercer cette responsabilité. Je n’ai pas de contentieux personnel avec lui, nous n’avons pas de cadavre dans les placards.
Mais j’ai avec lui un conflit de valeurs. J’ai une confrontation sur les valeurs et cela va bien plus loin qu’une divergence sur les « mesures », comme on dit, qu’il faut décider et prendre. Les valeurs, c’est ce qui donne sens à la vie.
J’ai été frappé depuis longtemps et je le suis encore plus depuis qu’il est au pouvoir, que tous ses choix montrent, même si parfois je soupçonne qu’il ne s’en rend pas compte, ou qu’il en minimise la portée, ses choix montrent qu’il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !
Les signes multipliés au monde de l’argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l’univers du Fouquet’s, la « pipolisation » de la société, les vedettes éphémères, la vedettarisation de la politique, la jubilation des hot-dogs avec Bush père, Bush mère, Bush couple, - et que j’ai aimé ce jour-là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !- et qu’aussitôt rentré on se précipite, toutes affaires cessantes, pour envoyer le ministre des Affaires étrangères en Irak, pour y dire tout haut ce que l’administration américaine pense tout bas, et que le ministre de la Défense vienne et explique sans précaution, sans introduction, que, toutes affaires cessantes, il faut cesser de « chipoter » et qu’il faut dare-dare rentrer dans l’OTAN, tout cela - chacun des gestes, pris individuellement, pourrait être maladresse, hâte de novice, geste improvisé – eh bien tout cela fait un système, et ce système, je le crois, ce n’est pas le choix fondamental, historique, des valeurs de la France. Je m’arrête un instant sur cette déclaration du ministre de la Défense sur l’OTAN. On peut discuter, on peut réfléchir, à un nouvel équilibre du monde qui construirait un pilier européen de la défense, qui se placerait face aux Etats-Unis et avec eux, à égalité de droits et de devoir. Ce n’est pas un médiocre sujet de réflexion, Philippe Morillon sait ce qu’il en est. Mais que le ministre de la Défense, dans l’exercice de ses fonctions, à l’université d’été de la Défense, présente ces quarante années d’indépendance ombrageuse de notre pays, comme du « chipotage », comme du « barguignage », ces mots péjoratifs, ces mots condescendants, ces mots qu’utilisent les machos qui se moquent des vieilles filles, alors il y a là en effet une rupture avec ce qui a été la grandeur, l’horizon, non pas le rêve, mais l’idéal d’indépendance de la France dans le monde.
Et que ce soient des ex-gaullistes qui proclament cette politique du « rentrer dans le rang, vite, dare-dare, et le plus tôt sera le mieux, et que la France en finisse avec ses scrupules, avec ses combats », alors on comprend que la formation du gouvernement, ce n’est pas un hasard, c’est qu’il y a un lien profond depuis longtemps entre ceux qui occupent ces responsabilités, et l’on se souviendra alors des débats sur la guerre en Irak, et de qui disait non, et de qui voulait qu’on se range…
C’est une question de valeurs ! Et c’est pour moi un constant sujet d’étonnement, et de méditation.
Tous les hommes, je ne dis pas politiques, mais à coup sûr les hommes d’Etat français, depuis le premier jour de la cinquième République, tous ont partagé implicitement le même patrimoine de valeurs profondes. Qu’ils fussent de droite, de gauche, du centre, et pour certains au-dessus, ils avaient des qualités et des défauts, mais ils avaient en commun une chose : ils ne s’alignaient pas. Ils étaient les détenteurs et les porteurs et les garants de cette flamme de l’indépendance française, et de cette idée que nous, France, parmi les nations, notre destin était de porter des valeurs universelles pour le monde ! Tous ! Chacun à son rang, à sa place, à sa manière, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac.
Et dans cette chaîne, voilà la rupture. Les mots ne sont jamais choisis au hasard. Vous comprenez bien que les hommes dits de droite et les hommes dits de gauche, et ceux du centre, ont également maintenu –vous vous souvenez de cette devise orgueilleuse, « je maintiendrai ! »- ont également porté le drapeau. Et pour la première fois, avec des grands mots, avec de grandes figures, avec des citations à la pelleteuse de Jaurès, de Clémenceau, avec le pauvre Guy Môquet que l’on met désormais à toutes les sauces, et les moins séantes ! et dont au bout du compte, évidemment, je le dis avec tristesse, la mémoire sera la première à souffrir, parce que l’émotion vraie va mal avec l’overdose, avec tous ces grands mots, avec toutes ces grandes déclarations, en réalité, au-dessous, l’œuvre entreprise, c’est l’alignement de la France sur le modèle qui domine le monde et, ça durera quelques mois encore, sur l’administration qui l’incarne le plus ouvertement !
Le modèle où l’on vénère l’argent, non pas l’économie, non pas la création, non pas l’entreprise, mais où l’on propose l’argent comme valeur. La ministre de l’économie l’a dit, naïvement peut-être, sans nuances. Elle a dit : le but du gouvernement, c’est de « réhabiliter l’argent, corollaire du succès… ».
Je pensais qu’il y avait bien des choses à réhabiliter en France : l’effort, l’esprit critique, l’idée de justice, l’esprit démocratique, la séparation des pouvoirs, le respect des citoyens, l’amour de la liberté, mais j’avoue qu’il ne m’était pas venu à l’esprit que le but d’un gouvernement de mon pays pût être de réhabiliter l’argent. J’avais même l’impression qu’il se réhabilite bien tout seul, dans la société où nous vivons ! Et je conteste, en tant que père de famille, que le gouvernement vienne me dire que l’argent est le « corollaire du succès ». Comme père de famille, comme tous les pères et toutes les mères de famille de France, comme éducateurs, nous passons notre vie, et c’est parfois difficile, songez aux cités où l’on voit les trafics de sa fenêtre, nous passons notre temps à expliquer qu’il y a autre chose dans la vie, d’autres dignités, d’autres grandeurs, d’autres succès que l’argent ! Et nous aimerions bien que le gouvernement nous aide dans cette bataille qui consiste à transmettre à nos enfants une hiérarchie des valeurs, morales, intellectuelles, philosophiques, spirituelles !
L’argent, les biens matériels, il en faut, il y a beaucoup de gens qui en manquent, quelque chose me dit qu’il y aura dans les mois qui viennent, beaucoup de Français qui en auront moins. Et c’est vrai qu’il faut une politique qui permette à la France de trouver une croissance nouvelle, un emploi nouveau, comme nous le proposions pendant la campagne électorale.
Mais je crains que précisément cette orientation de fascination et de complaisance pour la réussite financière mette en cause, le jour venu, et il viendra très vite, la politique de rigueur qui se profile à l’horizon de cette rentrée.
Je considère que c’est une grande occasion manquée. Pour la première fois dans notre histoire nationale, et je crois pouvoir le dire, en partie grâce à notre campagne … pour la première fois, le déficit et la dette qui nous plombent et nous plomberont dans les décennies qui viennent, étaient devenus un sujet politique et une préoccupation pour les Français. Pour la première fois, notre peuple avait pris conscience qu’il y avait dans cette facilité un handicap et une injustice. Et il était prêt à l’effort.
Au lieu d’aller dans le sens de l’effort, les premières décisions du gouvernement, les premiers votes de la majorité ont été, au contraire, pour distribuer 15 milliards d’euros que la France n’avait pas, aux plus aisés de nos compatriotes. On a aggravé le déficit du pays alors qu’il fallait le réduire, on l’a aggravé toutes affaires cessantes, pour faire selon le mot du ministre des Finances allemand, des cadeaux à une clientèle électorale. Et bien sûr, ce n’est pas juste. Mais mon inquiétude va au-delà : je crains que ce ne soit contre-productif. Car si on voulait dépenser cet argent, il fallait le concentrer sur la production et sur l’emploi : c’est ce que je proposais à ma manière, même s’il y en avait peut-être d’autres, de faire avec les deux emplois sans charges. Il ne fallait pas le diriger vers la consommation qui relance en effet l’économie, mais principalement l’économie des pays chez qui nous allons chercher des biens de consommation. Et c’est pourquoi je n’ai jamais cru que nous obtiendrions une relance de la croissance comme on nous le racontait… Et je n’étais pas le seul de cet avis, je veux rappeler le rapport Pébereau, qui disait qu’il ne fallait pas actuellement baisser les impôts…
Plus encore, quand le moment viendra, -et il vient, d’ici quelques jours si mon intuition est juste !-, où en raison de ces décisions nous allons être rattrapés par la réalité, par nos engagements, par l’impératif des comptes qui dérapent, alors ces largesses vont revenir en boomerang, et les Français vont répondre : « vous nous demandez des efforts à nous qui avons peu, pourquoi alors avez-vous été si généreux avec ceux qui ont beaucoup ? »
Ces décisions, ces largesses, ces cadeaux, ce climat de facilité totalement artificiel dans lequel on a fait baigner la France pendant les premiers mois de ce mandat, ils ont empêché de faire la pédagogie de la réforme, qui est la moitié de son succès. Et comme il n’y a rien de plus fort que les symboles, ils ont symboliquement, à l’avance, fragilisé le crédit des réformes que nous allons devoir faire.
Et bien sûr, il y a dans la majorité beaucoup de femmes et d’hommes, beaucoup de responsables et nous le connaissons, y compris dans le parti majoritaire, y compris des femmes et des hommes de droite, y compris des femmes et des hommes libéraux, qui, sans pouvoir le dire, sans oser le dire, partagent cette inquiétude.
Mais -et c’est un drame pour la France- nous avons des institutions qui interdisent la parole libre. Pour parler librement en France, il faut, vous le savez bien, avoir le sens du sacrifice !
Il faut affronter la disgrâce, dans ce pays où, bien plus que ça n’a jamais existé, c’est la faveur du prince qui fait tout : les nominations, les subventions, le bruit favorable, ou au contraire le noir de la réprobation et du silence.
Nous avons des institutions et une pratique institutionnelle qui sont, je le dis en pesant mes mots, indignes d’un grand pays comme le nôtre, indignes d’une démocratie, qui nous font régresser ! Nous, le pays de la Révolution, nous acceptons tous les jours quelque chose qui n’est accepté dans aucun autre pays du monde démocratique : nous acceptons l’absolutisme présidentiel ! et cet absolutisme présidentiel est un handicap, un facteur de retour en arrière pour notre pays.
Le président de la République décide de tout, tranche sur tous sujets, le gouvernement a disparu, sauf ceux qu’épisodiquement distingue la faveur qui vient d’en haut, le Premier ministre est ravalé publiquement au rang de « collaborateur » (je crois qu’il l’a mal pris, il a bien fait), les ministres - on nous en avait promis quinze, ils sont plusieurs dizaines, chacun avec leur cabinet et tout leur appare, et leur incognito. Chacun pour être bien vu du pouvoir, du président ou de sa femme qu’on décrit comme toute-puissante dans l’ombre, se précipite dans un concours de lèche permanent, le cirage de pompes est devenu un sport national dans notre pays. Les journaux économiques les plus sérieux vous expliquent que les grandes décisions qui vont concerner l’avenir économique de la nation et l’Europe ne peuvent être prises que par le président lui-même, et que derrière chaque grande décision, vérifiez, vous verrez dans les articles, il y a un tel qui est « proche », je ne sais pas ce que sont les « proches », il y a un « proche » du président de la République. Et l’absolutisme présidentiel est devenu tel que le secrétaire général de l’UMP s’est cru obligé de faire une très sérieuse déclaration publique pour dire qu’il va falloir très vite que l’on règle en France le statut de l’épouse du chef de l’État « il faut le faire, dit-il, nous sommes en retard, les monarchies ont traité cette question depuis longtemps » ! Il faut que notre pays sorte de cet archaïsme … En quel temps vivons-nous qu’il faille rappeler au premier responsable du parti au pouvoir que précisément, s’il le veut bien, s’il l’accepte, il y a une petite différence, une nuance, c’est que nous ne sommes pas une monarchie, nous sommes une République et nous avons bien l’intention de le rester ! La République, en France, est garante de la démocratie, et la démocratie est la protection de la République ! Et la Constitution le consacre : « la République est démocratique, laïque et sociale ».
Et c’est pour cela que la réflexion qui est ouverte sur nos institutions, à laquelle vous avez participé, Michel Mercier …, est si fondamentale.
Nous nous fixons comme but, comme citoyens, de faire sortir la République de l’absolutisme et de la faire entrer dans l’ère nouvelle d’une authentique démocratie, comme celles qui existent dans les pays du même niveau de développement que le nôtre.
Et pour cela de retrouver la pierre de fondation de toute constitution démocratique, qui est la séparation des pouvoirs.
C’est tellement important, la séparation des pouvoirs, que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, écrit solennellement qu’un pays qui ne respecte pas la séparation des pouvoirs « n’a point de constitution ».
Il faut clarifier les choses d’abord : écrire que le président « détermine » la politique de la nation, le gouvernement la « conduit ». Que le président « nomme » et « met fin » aux fonctions du Premier Ministre, on mettra ainsi le droit en accord avec le fait et avec la logique. Certains bons esprits pensent qu’il faut mettre un terme à la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale ? Je pense qu’il faut la maintenait. On écrit une Constitution pour les temps où ça va mal, car il peut y avoir des crises. S’il n’y a pas ce recours de la censure, il n’y a plus d’autre recours que celui de la rue !
C’est le judiciaire. Il y a de grands doutes, y compris parmi les magistrats. Il faut instaurer l’indépendance de la justice en France, et je pense que ça passe par le statut du Garde des sceaux. Je pense qu’il ne doit pas être un Ministre comme les autres, parce qu’il est responsable de la politique pénale, parce qu’on se tourne vers lui quand il y a des attentes du côté de l’indépendance. Il doit être nommé par le Président de la République et investi par l’Assemblée nationale par un vote à la majorité qualifiée, reflétant l’accord des grandes tendances du pays, pour qu’il représente le peuple français. Je propose qu’il préside le Syndicat de la Magistrature, soit le garant de cette indépendance et de cette protection à laquelle les magistrats ont droit dans un pays libre.
Et il y a le Parlement. Le seul moyen de rendre au Parlement le pluralisme et l’indépendance, la parole libre, c’est une part substantielle des sièges à la proportionnelle. Parce qu’un peuple ne doit pas être représenté uniquement par ses majorités – un des principes de la démocratie, c’est la protection des minorités par rapport à la majorité. Je suis de ceux qui pensent importante la « dynamique majoritaire », j’ai proposé que la moitié des sièges soient au scrutin majoritaire, il y a la demande que les citoyens puissent élire directement leur député. C’est conciliable : j’ai démontré à la Commission Balladur qu’il suffit d’un petit nombre des sièges pour le faire. Il suffit que les sièges distribués à la proportionnelle corrigent les excès du scrutin majoritaire : 10 % des sièges suffisent. En 2007, trois formations ont passé la barre des 5% : nous aurions obtenu 32 sièges si la moitié de l’Assemblée avait été élue à la proportionnelle. Nous en avons obtenu 4, il suffisait d’en ajouter 28. Si même le FN avait dépassé 5%, il aurait eu droit à 15 sièges ; 28+15 = 43 donc avec un tout petit nombre de sièges on peut obtenir un résultat de justice. Il n’y a donc aucun obstacle de principe pour qu’on réalise la justice dans notre pays, il n’y a qu’une question politique : est-ce qu’on veut l’égalité des citoyens devant le suffrage ou est-ce qu’on la refuse ? Le rapport dit Weill-Raynal du Parti socialiste disait à la fin des années 1970 : électeurs de gauche à Neuilly, de droite à Saint-Denis, votre suffrage compte à jamais « pour du beurre ». Ce n’est pas normal : citoyen français, il n’y a aucune raison de vous écarter de la représentation.
Et il reste la grande question des médias. Leur indépendance, leur pluralisme, devrait être protégé explicitement par la Constitution. Et je ferai une proposition en ce sens. Certains diront que ça n’arrivera jamais ? Je voudrais développer un point de vue plus optimiste.
Les conditions politiques de la réforme de la constitution font que la majorité ne peut pas faire adopter cette réforme seule. Elle a besoin des voix du Parti socialiste ou des nôtres. Nous avons donc un devoir pour peser sur une décision aussi importante. C’est dans ce contexte que je proposerai, avec Michel Mercier, une rencontre à François Hollande et aux présidents des groupes minoritaires à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est un des rares cas où le pouvoir et la majorité ne peuvent pas tout. Cela nous crée un devoir, c’est pourquoi je propose d’en parler avec les grands courants démocratiques du pays, pour que nous fassions notre travail de réformateurs.
Nous avons voulu cette indépendance. Nous allons assumer ce renouvellement de ceux qui se présentent aux suffrages des Français, et je vais naturellement parler des municipales.
L’indépendance que nous avons voulue et forgée, et dont nous avons parlé longuement hier soir, même si nous ne sommes qu’au début de notre chemin, change déjà le paysage politique de notre pays.
Dans bien des villes, des deux camps, nous viennent des appels à des listes communes. On entend sur notre droite et notre gauche des sollicitations pour des rassemblements inédits, cela fait bien longtemps qu’il n’y a pas eu toutes ces sollicitations !
Dans le plus grand nombre de cas, nous allons devoir faire en sorte que des rassemblements se produisent au premier, ou au second tour, car la ligne que je défendrai, c’est que nous soyons présents dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au premier tour, car le renouvellement choisi par les citoyens est plus important que celui que l’on concède. Mais je sais qu’il y aura des cas où il faudra regarder avant le premier tour, envisager des majorités de rassemblement.
J’ai un critère qui est notre marque de fabrique (je m’adresse à tous ceux qui vont être candidats et j’ai un regard particulier pour Marielle de Sarnez car il y aura beaucoup d’attention sur les municipales de Paris). Que la minorité soit exclue de toutes les décisions, c’est archaïque ; les décisions de tous les jours sur l’urbanisme, la culture, l’école, l’université… exigent que l’on fasse attention à tous les grands courants de la ville. Je défendrai donc l’idée que ceux avec qui nous accepterions de nous allier acceptent le pluralisme et le rassemblement au-delà des frontières de leur camp.
Proposons aux Français une conception nouvelle de la vie politique municipale, où l’on peut rassembler des gens de conviction différente pour aider les problèmes de la vie de tous les jours. Ce sera une condition sine qua non à notre participation aux coalitions ou majorités de rassemblement, nécessaires pour que les villes soient gouvernées. Notre critère sera : nos partenaires seront ceux d’un bord ou de l’autre, nous n’avons pas d’ennemis dans le champ démocratique français, en tout cas nous imposerons comme article premier des majorités ouvertes et rassembleuses, et pas sectaires ou avec des œillères.
Et ainsi nous allons commencer, vivre ensemble dans les semaines qui viennent, la construction, le chemin qui consiste à défendre dans notre pays une idée d’une démocratie de plein exercice, dans laquelle les citoyens sont pris aux sérieux et pas seulement considérés comme des objets de communication. Tous les défis qui sont devant nous -je pense par exemple au Grenelle de l’environnement- ne pourront être relevés que si c’est notre conception du citoyen qui l’emporte. Je suis persuadé que le travail que nous allons faire dans ce Mouvement, une proposition nouvelle dans le champ politique français et européen, que cette proposition de rassemblement est une bonne nouvelle pour la France.
Je vous remercie.
posted by GS@11:00GMT+02:00
Discours de François Bayrou
Clôture du Forum des Démocrates
Seignosse, dimanche 16 septembre 2007
(Seul de prononcé fait foi).
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2007.04.23
LE TÉMOIN DU MENSONGE

Il allait et venait dans la pièce. Il décida de réagir. Il se dit qu’il n’était pas possible de se taire quand on l’humiliait de cette façon, qu’il nétait pas possible que toutes ses peines soient perdues en un instant ...
Peu à peu, il se mit à imaginer des scènes de vengeance fantastique. Il se voyait, par exemple, adresser aux journalistes des propos pathétiques sur l’égalité des chances, le droit, la justice que nous avait prescrit Dieu et son Prophète, que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui. Il continuerait à les admonester jusqu’à ce qu’ils fondent de remords pour ce qu’ils avaient fait et qu’ils s’excusent auprès de lui et de tous...
Dans une autre scène, il se voyait prenant au collet celui qui assurait la présidence en lui criant au visage : “ qu’est-ce que ça peut te faire, le métier de mon père, espèce de malhonnête et de corrompu ?” Puis il lui donnait de violents coups de poing au visage, qui le faisaient tomber par terre, couvert de sang...
Il avait l’habitude de s’imaginer des scènes de ce genre quand il affrontait des situations difficiles face auxquelles il était impuissant. Mais cette fois-ci ces scènes de vengeance, malgré leur violence, ne suffisaient pas à apaiser sa rage et il était oppressé par le sentiment de son humiliation.
Soudain, une idée lui vint et s’imposa à lui. Il s’assit devant son petit bureau, sortit une feuille et un crayon et écrivit en gros, en tête de page : “Au nom de Dieu tout puissant et miséricordieux, plainte adressée à Son Excellence Monsieur le président de la République.” Il s’arrêta un instant, releva la tête et se sentit réconforté par l’aspect majestueux des termes et par leur gravité. Puis il se plongea dans un autre écriture...
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2007.04.14
UN "AINSI" GÉNÉTIQUE

La réflexion du "petit Nicolas" - "on naît...", dans un échange avec Michel Onfray fait scandale. "Le candidat" à l'élection présidentielle prétend en effet expliquer par le déterminisme génétique aussi bien le suicide des jeunes que le cancer du fumeur.
D'ailleurs, pour lutter contre la délinquance dès l'école maternelle, ce "sinistre de l'intérieur" s'autorisait déjà l'an dernier d'un rapport sulfureux de l'Inserm, condamné récemment par le Comité national d'éthique, sur "l'héritabilité (génétique) du trouble des conduites".
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Aux States, la révolution conservatrice affirme démontrer, en superposant quotient intellectuel, race, et gènes, que l'intelligence serait innée, et inégalement répartie selon la couleur de peau. Or, si l'ordre social repose sur l'ordre biologique, pourquoi s'entêter à vouloir le modifier ? On comprend le succès du déterminisme génétique chez les ennemis de l'Etat-providence. Les inégalités seraient fondées en nature : chacun est bien à sa place.
Que "le petit candidat" puise ses idées dans les eaux troubles d'une idéologie réactionnaire qui rappelle les années 1930 ne doit pourtant pas masquer l'autre face de ce danger, non moins grave, qui tient à la confusion de sa rhétorique, ou plutôt à sa rhétorique de la confusion.
Il dit systématiquement une chose et son contraire.
Revenons à son dialogue philosophique. Le "petit Nicolas" déclare d'abord : "Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents." Et d'expliquer : "C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation." Puis, lorsque Michel Onfray lui répond que "ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme", il se cabre et change de position : "Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?
Et comme le philosophe enfonce le clou du déterminisme sociologique, c'est finalement en réaction que le candidat s'approprie la génétique - au mépris des arguments qu'il vient d'avancer lui-même : "Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on "naît...", et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie." Bref, en trois paragraphes, trois arguments différents : la culture, la liberté individuelle, et la nature. Une chose, une autre, et leur contraire.
N'allons pas nous rassurer en ironisant sur cet "homme politique" qui ferait un piètre philosophe : ce serait reconduire un antagonisme entre la pensée et l'action, dont celui-ci ne s'accommode que trop bien. En réalité, l'incohérence est aussi une politique. C'est d'abord une question d'opportunisme intellectuel.
Ainsi, interpellé sur son refus d'ouvrir le mariage aux couples de même sexe, le petit Nicolas déclare : "Je n'ai pas fait le choix de la sexualité, je suis né hétérosexuel." C'est que "le petit candidat", dont la position est dictée par la crainte de déplaire à son électorat conservateur, n'avait aucun argument à objecter aux revendications d'égalité - sinon, simple tautologie, qu'on "donne alors à la société une image de la famille qui n'est pas celle que je souhaite que l'on donne".
Aussi est-il réduit à invoquer, au principe d'une conviction forcément intime, sa nature hétérosexuelle. "Naître", c'est le degré zéro du raisonnement, un "c'est ainsi" génétique, à défaut d'autres arguments. Mais cette faiblesse intellectuelle est aussi une force rhétorique. Car à force de dire tout et l'inverse de tout, "le petit Nicolas" parvient à son but : on ne sait plus où on en est. On rassure les parents, déclarés non responsables, et on stigmatise les parents irresponsables. On dénonce les violences, et on justifie des violences. On s'affiche en défenseur des classes populaires, et on redistribue l'argent aux riches. On fait miroiter des régularisations, et on donne en spectacle des expulsions. On se pose en ami des minorités raciales, et l'on couvre les violences policières racistes. On invoque l'identité nationale et ses relents maurrassiens, pour la définir ensuite par l'égalité républicaine entre les sexes.
Dans les banlieues, on manipule tour à tour le lexique de la "racaille" et de la "discrimination positive". Sur les boulevards, sous couvert de sauver les prostituées de la traite, on les persécute au quotidien. Et de même sur l'école et le travail, l'islam et la laïcité, l'économie et l'écologie, l'Amérique et l'Europe, bref, sur tous les sujets.
La rhétorique du "petit Nicolas" participe ainsi d'une politique d'affolement, au même titre que son agitation tourbillonnante et sa fébrilité vibrionnante. En ne respectant jamais le principe de non-contradiction, le candidat rend la contradiction impossible : comment s'opposer à lui quand il dit tout et son contraire ? Le discours politique n'a plus aucun sens, et toute réponse, critique ou solution alternative, est piégée d'avance - récupérée et discréditée par la logorrhée du "candidat".
Même Jean-Marie semble déboussolé, réagissant aux propos du "petit Nicolas" : "il a dû se tromper, ce n'est pas possible".
Cette confusion politique est une politique de la confusion : désorienter la politique par un discours désordonné, c'est créer les conditions de l'avènement d'une droite de dérive, plutôt que de rupture.
"Le petit Nicolas", c'est celui par qui le désordre arrive, dans la société, et dans les esprits. Et c'est sur cette stratégie du désordre, tant social qu'intellectuel, qu'il bâtit sa politique d'ordre. Malheur à lui - ou malheur à nous, démocrates de peu de foi ? Car il faudrait avoir la mémoire bien courte pour ne pas trembler devant cette irrationalité stratégique. Si le vocabulaire politique ne veut plus rien dire aujourd'hui, alors, quel sens la démocratie pourrait-elle encore préserver demain ?
posted by OSTIAN@09:58PM
source Eric Fassin,
sociologue et enseignant à l'Ecole normale supérieure,
chercheur à l'IRIS
Article paru dans l'édition du 13.04.07
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