2006.08.29
DANS LA CAGE DORÉE

À Turin, dans la cage dorée d'où il devinait la lente érosion du pouvoir de son père, Umberto donnait le change aux fascistes en recouvrant leurs vociférations des accents d'une fête permanente et légère.
Dans les ténébreux cénacles du fascisme, le Prince à la gaieté candide n'inspirait qu'une commisération pateline. Et si quelques dossiers soulignaient pourtant que des antifascistes poursuivis avaient échappé à l'étreinte de la police aux abords du palais princier et que le joyeux noceur accomplissait assidûment ses devoirs militaires, Umberto dissipait les premiers soupçons en forçant sur les airs de valses.
Ainsi, devenu "Prince d'Amour" accrochant tous les coeurs à ses uniformes constellés de décorations scintillantes, faisait-il naître enfin un peu de bonheur de vivre que le fascisme avait voulu recouvrir d'une chemise noire. Mais les jolies artistes de la varieta et les oies blanches de l'aristocratie qui agrafaient à leur corsage les initiales de brillants qu'il leur avait offertes, étaient-elles séduites par le charme de l'héritier royal ou par cette mélancolie secrète qui se lisait fugitivement dans ses yeux à l'instant où il dérobait son regard ?
posted by TANCREDE@11:54AM
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12:00 Publié dans OSSEVATORE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ITALIE, LITTERATURE, HISTOIRE, UMBERTO


