2008.07.06
L'HOMME PÉCHEUR

Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair. Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez.
« Tu es grand, Seigneur, et très digne de louange » (Ps 144,3). « Ta puissance est grande, et ta sagesse, infinie » (Ps 146,5), et pourtant l'homme veut te louer, l'homme qui n'est qu'une petite parcelle de ta création, l'homme qui porte partout avec lui sa mortalité, qui porte avec lui le témoignage de son péché et qui reconnaît que « tu t'opposes aux orgueilleux » (Jc 4,6). Cependant, parcelle quelconque de ta création, l'homme veut te louer. C'est toi qui le pousses à chercher sa joie dans ta louange, parce que tu nous as faits pour toi, et notre coeur est sans repos jusqu'à ce qu'il se repose en toi...
« Ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent » (Ps 21,27). Ceux qui le cherchent le trouveront, et ceux qui le trouvent le loueront. Que je te cherche donc, Seigneur, en t'invoquant, et que je t'invoque, en croyant en toi ! Car tu nous as été révélé par la prédication. Elle t'invoque, Seigneur, cette foi que tu m'as donnée, cette foi que tu m'as inspirée par l'humanité de ton Fils, par le ministère de ton prédicateur. Et comment invoquerai-je mon Dieu, mon Dieu et mon Seigneur ? Quand je l'invoquerai, je l'appellerai à venir en moi. Mais y a-t-il en moi une place où mon Dieu puisse venir, ce Dieu « qui a fait le ciel et la terre » (Gn 1,1) ? Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, il y a en moi quelque chose qui puisse te contenir ? Est-ce que le ciel et la terre que tu as créés, et dans lesquels tu m'as créé, peuvent te contenir ?... Puisque moi-même j'existe, puis-je te demander de venir en moi, moi qui n'existerais pas si tu n'existais pas en moi ?...
Qui me donnera de me reposer en toi ? Qui me donnera que tu viennes dans mon coeur, que tu l'enivres afin que j'oublie mes maux et que je puisse t'étreindre, toi mon unique bien ? Qui es-tu pour moi ? Prends pitié de moi, pour que je puisse parler. Que suis-je à tes yeux, pour que tu m'ordonnes de t'aimer ?... Dans ta miséricorde, Seigneur mon Dieu, dis-moi ce que tu es pour moi. « Dis à mon âme : C'est moi ton salut » (Ps 34,3). Dis-le ; que je l'entende. Voici que l'oreille de mon coeur est à l'écoute devant toi, Seigneur, fais qu'elle t'entende, et « dis à mon âme : C'est moi ton salut ». Je veux accourir vers cette parole et te saisir enfin.
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La Santa Sede - Castel Gandolfo
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,9.11-13.
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Confessions, I, 1-5
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos »
ANNO PAOLINO
Buona Domenica, buona settimana a tutti.
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2008.06.29
NOUVELLE LETTRE DE BANIYAS

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Le Seigneur a reconnu en Pierre un intendant fidèle auquel il a confié la clef du Royaume, et en Paul un maître qualifié à qui il a donné la charge d'enseigner dans l'Eglise. Pour permettre à ceux qui ont été formés par Paul de trouver leur salut, il fallait que Pierre les accueille pour leur repos. Quand Paul aura ouvert les coeurs en prêchant, Pierre ouvre aux âmes le Royaume des cieux. C'est donc une sorte de clef que Paul a également reçue du Christ, la clef de la connaissance, qui permet d'ouvrir les coeurs endurcis à la foi, jusqu'en leur tréfonds ; ensuite elle fait apparaître au grand jour, dans un dévoilement spirituel, ce qui était caché à l'intérieur. Il s'agit d'une clef qui laisse échapper de la conscience la confession du péché et qui y renferme à jamais la grâce du mystère du Sauveur.
Tous deux ont donc reçu des clefs des mains du Seigneur, clef de la connaissance pour l'un, clef du pouvoir pour l'autre ; celui-ci dispense les richesses de l'immortalité, celui-là distribue les trésors de la sagesse. Car il y a des trésors de la connaissance, comme il est écrit : « Ce mystère, c'est le Christ, dans lequel se trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 2,3).
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La Santa Sede -Basilica Vaticana
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
SOLENNITÉ DES SAINTS PIERRE ET PAUL
Saint Maxime de Turin (?-vers 420), évêque
Sermon CC 1 ; PL 57,402
« Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »
ANNO PAOLINO
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2008.06.26
SAN MASSIMO IL CONFESSORE

Saint Maxime a reçu le titre de ‘Confesseur’ pour le témoignage courageux de sa foi en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, Sauveur du monde. Né en Palestine vers 580, il s’est passionné très tôt pour la vie monastique et pour l’étude des Écritures. Réfugié en Afrique du Nord et s’appuyant sur l’Écriture, il a défendu avec passion la doctrine de l’Église, réfutant toute théorie visant à diminuer l’humanité du Christ et à exalter uniquement sa nature divine. En 649, il prit part au Concile du Latran convoqué par le Pape Martin I pour y défendre, contre un édit impérial, les deux volontés du Christ, les volontés humaine et divine. Condamné à mort, le Pape mourra en exil. A plus de 80 ans, Maxime fut traduit en justice et condamné pour hérésie à la mutilation de sa langue et de sa main droite. Épuisé par ses souffrances, il meurt le 13 août 662. Saint Maxime a élaboré, comme l’a souligné Hans Urs von Balthasar, une « liturgie cosmique », dont le Christ est le centre. En raison du péché originel, l’homme n’a pu réaliser le dessein divin d’unifier le cosmos. Ce projet est pleinement accompli par le Fils de Dieu en qui les natures humaine et divine sont unies, sans mélange, ni confusion.
A l’exemple de la vie donnée et de la pensée christocentrique de saint Maxime, puissiez-vous imiter son témoignage, refusant dans vos vies des compromis au nom d’un faux dialogue et d’une tolérance mal comprise. Les valeurs humaines ne trouvent leur vraie dimension que dans le seul Sauveur, Jésus Christ, pour lequel le chrétien vit et meurt.
* * *

vorrei presentare oggi la figura di uno dei grandi Padri della Chiesa di Oriente del tempo tardivo. Si tratta di un monaco, san Massimo, che meritò dalla Tradizione cristiana il titolo di Confessore per l’intrepido coraggio con cui seppe testimoniare – “confessare” – anche con la sofferenza l’integrità della sua fede in Gesù Cristo, vero Dio e vero uomo, Salvatore del mondo. Massimo Nacque in Palestina, la terra del Signore, intorno al 580. Fin da ragazzo fu avviato alla vita monastica e allo studio delle Scritture, anche attraverso le opere di Origene, il grande maestro che già nel terzo secolo era giunto a “fissare” la tradizione esegetica alessandrina.
Da Gerusalemme, Massimo si trasferì a Costantinopoli, e da lì, a causa delle invasioni barbariche, si rifugiò in Africa. Qui si distinse con estremo coraggio nella difesa dell’ortodossia. Massimo non accettava alcuna riduzione dell’umanità di Cristo. Era nata la teoria secondo cui in Cristo vi sarebbe solo una volontà, quella divina. Per difendere l’unicità della sua persona, negavano in Lui una vera e propria volontà umana. E, a prima vista, potrebbe apparire anche una cosa buona che in Cristo ci sia una sola volontà. Ma san Massimo capì subito che ciò avrebbe distrutto il mistero della salvezza, perché una umanità senza volontà, un uomo senza volontà non è un vero uomo, è un uomo amputato. Quindi l’uomo Gesù Cristo non sarebbe stato un vero uomo, non avrebbe vissuto il dramma dell’essere umano, che consiste proprio nella difficoltà di conformare la volontà nostra con la verità dell’essere. E così san Massimo afferma con grande decisione: la Sacra Scrittura non ci mostra un uomo amputato, senza volontà, ma un vero uomo completo: Dio, in Gesù Cristo, ha realmente assunto la totalità dell’essere umano – ovviamente, eccetto il peccato – quindi anche una volontà umana. E la cosa, detta così, appare chiara: Cristo o è uomo o non lo è. Se è uomo, ha anche una volontà umana. Ma nasce il problema: non si finisce così in una sorta di dualismo? Non si arriva ad affermare due personalità complete: ragione, volontà, sentimento? Come superare il dualismo, conservare la completezza dell’essere umano e tuttavia tutelare l’unità della persona di Cristo, che non era schizofrenico? E san Massimo dimostra che l’uomo trova la sua unità, l’integrazione di se stesso, la sua totalità, non chiudendosi in se stesso, ma superando se stesso, uscendo da se stesso. Così, anche in Cristo, uscendo da se stessa, l’umanità trova in Dio, nel Figlio di Dio, se stessa. Non si deve amputare l’uomo per spiegare l’Incarnazione; occorre solo capire il dinamismo dell’essere umano che si realizza solo uscendo da se stesso; solo in Dio troviamo noi stessi, la nostra totalità e completezza. Così si vede che non l’uomo che si chiude in sé è uomo completo, ma l’uomo che si apre, che esce da se stesso, diventa completo e trova se stesso, proprio nel Figlio di Dio trova la sua vera umanità. Per san Massimo questa visione non rimane una speculazione filosofica; egli la vede realizzata nella vita concreta di Gesù, soprattutto nel dramma del Getsemani. In questo dramma dell’agonia di Gesù, dell’angoscia della morte, della opposizione tra la volontà umana di non morire e la volontà divina che si offre alla morte, in questo dramma del Getsemani si realizza tutto il dramma umano, il dramma della nostra redenzione. San Massimo ci dice, e noi sappiamo che questo è vero: Adamo (e Adamo siamo noi stessi) pensava che il “no” fosse l’apice della libertà. Solo chi può dire “no” sarebbe realmente libero; per realizzare realmente la sua libertà, l’uomo deve dire “no” a Dio; solo così pensa di essere finalmente se stesso, di essere arrivato al culmine della libertà. Questa tendenza la portava in se stessa anche la natura umana di Cristo, ma l’ha superata, perché Gesù ha visto che non il “no” è il massimo della libertà. Il massimo della libertà è il “sì”, la conformità con la volontà di Dio. Solo nel “sì” l’uomo diventa realmente se stesso; solo nella grande apertura del “sì”, nella unificazione della sua volontà con la volontà divina, l’uomo diventa immensamente aperto, diventa “divino”. Essere come Dio era il desiderio di Adamo, cioè essere completamente libero. Ma non è divino, non è completamente libero l’uomo che si chiude in sé stesso; lo è uscendo da sé, è nel “sì” che diventa libero; e questo è il dramma del Getsemani: non la mia volontà, ma la tua. Trasferendo la volontà umana nella volontà divina nasce il vero uomo, è così che siamo redenti. Questo, in brevi parole, è il punto fondamentale di quanto voleva dire san Massimo, e vediamo che qui è veramente in questione tutto l’essere umano; sta qui l’intera questione della nostra vita. San Massimo aveva già problemi in Africa difendendo questa visione dell’uomo e di Dio; poi fu chiamato a Roma. Nel 649 prese parte attiva al Concilio Lateranense, indetto dal Papa Martino I a difesa delle due volontà di Cristo, contro l’editto dell’imperatore, che – pro bono pacis – proibiva di discutere tale questione. Il Papa Martino dovette pagare caro il suo coraggio: benché malandato in salute, venne arrestato e tradotto a Costantinopoli. Processato e condannato a morte, ottenne la commutazione della pena nel definitivo esilio in Crimea, dove morì il 16 settembre 655, dopo due lunghi anni di umiliazioni e di tormenti.
Poco tempo più tardi, nel 662, fu la volta di Massimo, che – opponendosi anche lui all’imperatore – continuava a ripetere: “E’ impossibile affermare in Cristo una sola volontà!” (cfr PG 91, cc. 268-269). Così, insieme a due suoi discepoli, entrambi chiamati Anastasio, Massimo fu sottoposto a un estenuante processo, benché avesse ormai superato gli ottant’anni di età. Il tribunale dell’imperatore lo condannò, con l’accusa di eresia, alla crudele mutilazione della lingua e della mano destra – i due organi mediante i quali, attraverso le parole e gli scritti, Massimo aveva combattuto l’errata dottrina dell’unica volontà di Cristo. Infine il santo monaco, così mutilato, venne esiliato nella Colchide, sul Mar Nero, dove morì, sfinito per le sofferenze subite, all’età di 82 anni, il 13 agosto dello stesso anno 662.
Parlando della vita di Massimo, abbiamo accennato alla sua opera letteraria in difesa dell’ortodossia. Mi riferisco in particolare alla Disputa con Pirro, già patriarca di Costantinopoli: in essa egli riuscì a persuadere l’avversario dei suoi errori. Con molta onestà, infatti, Pirro concludeva così la Disputa: “Chiedo scusa per me e per quelli che mi hanno preceduto: per ignoranza siamo giunti a questi assurdi pensieri e argomentazioni; e prego che si trovi il modo di cancellare queste assurdità, salvando la memoria di quelli che hanno errato” (PG 91, c. 352). Ci sono poi giunte alcune decine di opere importanti, tra le quali spicca la Mistagoghía, uno degli scritti più significativi di san Massimo, che raccoglie in sintesi ben strutturata il suo pensiero teologico.
Quello di san Massimo non è mai un pensiero solo teologico, speculativo, ripiegato su se stesso, perché ha sempre come punto di approdo la concreta realtà del mondo e della sua salvezza. In questo contesto, nel quale ha dovuto soffrire, non poteva evadere in affermazioni filosofiche solo teoriche; doveva cercare il senso del vivere, chiedendosi: chi sono io, che cosa è il mondo? All’uomo, creato a sua immagine e somiglianza, Dio ha affidato la missione di unificare il cosmo. E come Cristo ha unificato in se stesso l’essere umano, nell’uomo il Creatore ha unificato il cosmo. Egli ci ha mostrato come unificare nella comunione di Cristo il cosmo e così arrivare realmente a un mondo redento. A questa potente visione salvifica fa riferimento uno dei più grandi teologi del secolo ventesimo, Hans Urs von Balthasar, che – “rilanciando” la figura di Massimo – definisce il suo pensiero con l’icastica espressione di Kosmische Liturgie, “liturgia cosmica”. Al centro di questa solenne “liturgia” rimane sempre Gesù Cristo, unico Salvatore del mondo. L’efficacia della sua azione salvifica, che ha definitivamente unificato il cosmo, è garantita dal fatto che egli, pur essendo Dio in tutto, è anche integralmente uomo – compresa anche l’“energia” e la volontà dell’uomo.
La vita e il pensiero di Massimo restano potentemente illuminati da un immenso coraggio nel testimoniare l’integrale realtà di Cristo, senza alcuna riduzione o compromesso. E così appare chi è veramente l’uomo, come dobbiamo vivere per rispondere alla nostra vocazione. Dobbiamo vivere uniti a Dio, per essere così uniti a noi stessi e al cosmo, dando al cosmo stesso e all’umanità la giusta forma. L’universale “sì” di Cristo, ci mostra anche con chiarezza come dare il collocamento giusto a tutti gli altri valori. Pensiamo a valori oggi giustamente difesi quali la tolleranza, la libertà, il dialogo. Ma una tolleranza che non sapesse più distinguere tra bene e male diventerebbe caotica e autodistruttiva. Così pure: una libertà che non rispettasse la libertà degli altri e non trovasse la comune misura delle nostre rispettive libertà, diventerebbe anarchia e distruggerebbe l’autorità. Il dialogo che non sa più su che cosa dialogare diventa una chiacchiera vuota. Tutti questi valori sono grandi e fondamentali, ma possono rimanere veri valori soltanto se hanno il punto di riferimento che li unisce e dà loro la vera autenticità. Questo punto di riferimento è la sintesi tra Dio e cosmo, è la figura di Cristo nella quale impariamo la verità di noi stessi e impariamo così dove collocare tutti gli altri valori, perché scopriamo il loro autentico significato. Gesù Cristo è il punto di riferimento che dà luce a tutti gli altri valori. Questa è il punto di arrivo della testimonianza di questo grande Confessore. E così, alla fine, Cristo ci indica che il cosmo deve divenire liturgia, gloria di Dio e che la adorazione è l’inizio della vera trasformazione, del vero rinnovamento del mondo.
Perciò vorrei concludere con un brano fondamentale delle opere di san Massimo: “Noi adoriamo un solo Figlio, insieme con il Padre e con lo Spirito Santo, come prima dei tempi, così anche ora, e per tutti i tempi, e per i tempi dopo i tempi. Amen!” (PG 91, c. 269).
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BENEDICTVS PP. XVI
posted by FLAVIO@19:30GMT+01:00
La Santa Sede
UDIENZA GENERALE
Piazza San Pietro
Mercoledì, 25 giugno 2008
San Massimo il Confessore
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please fly with us again...20:30 Publié dans CORPUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, christianisme, evangiles, benoit xvi, spiritualite, ecriture
2008.06.22
SAN COLOMBANO

Aujourd'hui, je voudrais parler du saint abbé Colomban, l'Irlandais le plus célèbre du bas Moyen-Age: il peut à juste titre être appelé un saint "européen", parce que comme moine, missionnaire et écrivain, il a travaillé dans divers pays de l'Europe occidentale. Avec les Irlandais de son époque, il été conscient de l'unité culturelle de l'Europe. Dans une de ses lettres, écrite vers l'an 600 et adressée au Pape Grégoire le Grand, on trouve pour la première fois l'expression "totius Europae - de toute l'Europe", avec une référence à la présence de l'Eglise sur le continent (cf. Epistula I, 1).
oggi vorrei parlare del santo abate Colombano, l’irlandese più noto del primo Medioevo: con buona ragione egli può essere chiamato un santo “europeo”, perché come monaco, missionario e scrittore ha lavorato in vari Paesi dell’Europa occidentale. Insieme agli irlandesi del suo tempo, egli era consapevole dell’unità culturale dell’Europa. In una sua lettera, scritta intorno all’anno 600 ed indirizzata a Papa Gregorio Magno, si trova per la prima volta l’espressione “totius Europae – di tutta l’Europa”, con riferimento alla presenza della Chiesa nel Continente (cfr Epistula I,1).
Colomban était né vers 543 dans la province de Leinster, dans le sud-est de l'Irlande. Eduqué chez lui par d'excellents maîtres qui l'orientèrent vers l'étude des arts libéraux, il s'en remit ensuite à la conduite de l'abbé Sinell de la communauté de Cluain-Inis, dans le nord de l'Irlande, où il put approfondir l'étude des Saintes Ecritures. A l'âge de vingt ans environ, il entra dans le monastère de Bangor dans le nord-est de l'île, où se trouvait l'abbé Comgall, un moine très célèbre pour sa vertu et sa rigueur ascétique. En pleine harmonie avec son abbé, Colomban pratiqua avec zèle la discipline sévère du monastère, en menant une vie de prière, d'ascèse et d'études. Il y fut également ordonné prêtre. La vie à Bangor et l'exemple de l'abbé influèrent sur la conception du monachisme que Colomban mûrit avec le temps et diffusa ensuite au cours de sa vie.
Colombano era nato intorno all’anno 543 nella provincia di Leinster, nel sud-est dell’Irlanda. Educato nella propria casa da ottimi maestri che lo avviarono allo studio delle arti liberali, si affidò poi alla guida dell’abate Sinell della comunità di Cluain-Inis, nell’Irlanda settentrionale, ove poté approfondire lo studio delle Sacre Scritture. All’età di circa vent’anni entrò nel monastero di Bangor nel nord-est dell’isola, ove era abate Comgall, un monaco ben noto per la sua virtù e il suo rigore ascetico. In piena sintonia col suo abate, Colombano praticò con zelo la severa disciplina del monastero, conducendo una vita di preghiera, di ascesi e di studio. Lì fu anche ordinato sacerdote. La vita a Bangor e l’esempio dell’abate influirono sulla concezione del monachesimo che Colombano maturò col tempo e diffuse poi nel corso della sua vita.
A l'âge d'environ cinquante ans, suivant l'idéal ascétique typiquement irlandais de la "peregrinatio pro Christo", c'est-à-dire de se faire pèlerin pour le Christ, Colomban quitta l'île pour entreprendre avec douze compagnons une œuvre missionnaire sur le continent européen. En effet, nous devons avoir à l'esprit que la migration de peuples du nord et de l'est avait fait retomber dans le paganisme des régions entières déjà christianisées. Autour de l'an 590, le petit groupe de missionnaires accosta sur la côte bretonne. Accueillis avec bienveillance par le roi des Francs d'Austrasie (la France actuelle), ils demandèrent uniquement une parcelle de terre non-cultivée. Ils obtinrent l'antique forteresse romaine d'Annegray, en ruine et abandonnée, désormais recouverte par la forêt. Habitués à une vie de privation extrême, les moines réussirent en quelques mois à construire sur les ruines le premier monastère. Ainsi, leur réévangélisation commença a avoir lieu tout d'abord à travers le témoignage de leur vie. En même temps que la nouvelle culture de la terre, commença également une nouvelle culture des âmes. La renommée de ces religieux étrangers qui, en vivant de prière et dans une grande austérité, construisaient des maisons et défrichaient la terre, se répandit très rapidement en attirant des pèlerins et des pénitents. Beaucoup de jeunes demandaient à être accueillis dans la communauté monastique pour vivre, à leur manière, cette vie exemplaire qui renouvelle la culture de la terre et des âmes. Très vite la fondation d'un second monastère fut nécessaire. Il fut édifié à quelques kilomètres de distance, sur les ruines d'une antique ville thermale, Luxeuil. Le monastère allait ensuite devenir le centre du rayonnement monastique et missionnaire de tradition irlandaise sur le continent européen. Un troisième monastère fut érigé à Fontaine, à une heure de route plus au nord.
All’età di circa cinquant’anni, seguendo l’ideale ascetico tipicamente irlandese della “peregrinatio pro Christo”, del farsi cioè pellegrino per Cristo, Colombano lasciò l’isola per intraprendere con dodici compagni un’opera missionaria sul continente europeo. Dobbiamo infatti tener presente che la migrazione di popoli dal nord e dall’est aveva fatto ricadere nel paganesimo intere Regioni già cristianizzate. Intorno all’anno 590 questo piccolo drappello di missionari approdò sulla costa bretone. Accolti con benevolenza dal re dei Franchi d’Austrasia (l’attuale Francia), chiesero solo un pezzo di terra incolta. Ottennero l’antica fortezza romana di Annegray, tutta diroccata ed abbandonata, ormai coperta dalla foresta. Abituati ad una vita di estrema rinuncia, i monaci riuscirono entro pochi mesi a costruire sulle rovine il primo eremo. Così, la loro rievangelizzazione iniziò a svolgersi innanzitutto mediante la testimonianza della vita. Con la nuova coltivazione della terra cominciarono anche una nuova coltivazione delle anime. La fama di quei religiosi stranieri che, vivendo di preghiera e in grande austerità, costruivano case e dissodavano la terra, si diffuse celermente attraendo pellegrini e penitenti. Soprattutto molti giovani chiedevano di essere accolti nella comunità monastica per vivere, come loro, questa vita esemplare che rinnovava la coltura della terra e delle anime. Ben presto si rese necessaria la fondazione di un secondo monastero. Fu edificato a pochi chilometri di distanza, sulle rovine di un’antica città termale, Luxeuil. Il monastero sarebbe poi diventato il centro dell’irradiazione monastica e missionaria di tradizione irlandese sul continente europeo. Un terzo monastero fu eretto a Fontaine, un’ora di cammino più a nord.
Colomban vécut pendant environ vingt ans à Luxeuil. C'est là que le saint écrivit pour ses disciples la Regula monachorum - qui fut pendant un certain temps plus répandue en Europe que celle de saint Benoît -, qui trace l'image idéale du moine. C'est la seule règle monastique irlandaise ancienne aujourd'hui en notre possession. Il la compléta avec la Regula coenobialis, une sorte de code pénal pour les infractions des moines, avec des punitions assez surprenantes pour la sensibilité moderne, et qui ne s'expliquent que par la mentalité de l'époque et du contexte. Avec une autre œuvre célèbre intitulée De poenitentiarum misura taxanda, écrite également à Luxeuil, Colomban introduisit sur le continent la confession et la pénitence privées et répétées; elle fut appelé la pénitence "tarifée" en raison de la proportion entre la gravité du péché et le type de pénitence imposée par le confesseur. Ces nouveautés éveillèrent le soupçon des évêques de la région, un soupçon qui se transforma en hostilité lorsque Colomban eut le courage de les critiquer ouvertement en raison des mœurs de certains d'entre eux. L'occasion saisie pour manifester ce différend fut la dispute sur la date de Pâques: l'Irlande suivait en effet la tradition orientale en opposition avec la tradition romaine. Le moine irlandais fut convoqué en 603 à Chalon-sur-Saône pour rendre compte devant un synode de ses habitudes relatives à la pénitence et à la Pâque. Au lieu de se présenter au synode, il envoya une lettre dans laquelle il minimisait la question en invitant les Pères synodaux à discuter non seulement du problème de la date de Pâques, un problème mineur selon lui, "mais également de toutes les règles canoniques nécessaires que beaucoup - chose plus grave - ne respectent pas" (cf. Epistula II, 1). Dans le même temps, il écrivit au Pape Boniface IV - comme quelques années plus tôt, il s'était adressé à Grégoire le Grand (cf. Epistula I) - pour défendre la tradition irlandaise (cf. Epistula III).
A Luxeuil Colombano visse per quasi vent’anni. Qui il santo scrisse per i suoi seguaci la Regula monachorum - per un certo tempo più diffusa in Europa di quella di san Benedetto – disegnando l’immagine ideale del monaco. È l’unica antica regola monastica irlandese che oggi possediamo. Come integrazione egli elaborò la Regula coenobialis, una sorta di codice penale per le infrazioni dei monaci, con punizioni piuttosto sorprendenti per la sensibilità moderna, spiegabili soltanto con la mentalità del tempo e dell’ambiente. Con un'altra opera famosa intitolata De poenitentiarum misura taxanda, scritta pure a Luxeuil, Colombano introdusse nel continente la confessione e la penitenza private e reiterate; fu detta penitenza “tariffata” per la proporzione stabilita tra gravità del peccato e tipo di penitenza imposta dal confessore. Queste novità destarono il sospetto dei Vescovi della regione, un sospetto che si tramutò in ostilità quando Colombano ebbe il coraggio di rimproverarli apertamente per i costumi di alcuni di loro. Occasione per il manifestarsi del contrasto fu la disputa circa la data della Pasqua: l’Irlanda seguiva infatti la tradizione orientale in contrasto con la tradizione romana. Il monaco irlandese fu convocato nel 603 a Châlon-sur-Saôn per rendere conto davanti a un sinodo delle sue consuetudini relative alla penitenza e alla Pasqua. Invece di presentarsi al sinodo, egli mandò una lettera in cui minimizzava la questione invitando i Padri sinodali a discutere non solo del problema della data della Pasqua, problema piccolo secondo lui, “ma anche di tutte le necessarie normative canoniche che da molti – cosa più grave – sono disattese” (cfr Epistula II,1). Contemporaneamente scrisse a Papa Bonifacio IV – come qualche anno prima già si era rivolto a Papa Gregorio Magno (cfr Epistula I) – per difendere la tradizione irlandese (cfr Epistula III).
Intransigeant comme il l'était sur toute question morale, Colomban entra par la suite en conflit avec la maison royale, parce qu'il avait reproché avec dureté au roi Théodoric ses relations adultérines. Il en naquit un réseau d'intrigues et de manœuvres au niveau personnel, religieux et politique qui, en l'an 610, se traduisit par un décret d'expulsion de Luxeuil contre Colomban et tous les moines d'origine irlandaise, qui furent condamnés à un exil définitif. Ils furent escortés jusqu'à la mer et embarqués aux frais de la cour vers l'Irlande. Mais le navire s'échoua non loin de la plage et le capitaine, y voyant un signe du ciel, renonça à l'entreprise et, de peur d'être maudit par Dieu, ramena les moines sur la terre ferme. Ceux-ci au lieu de rentrer à Luxeuil, décidèrent d'entamer une nouvelle œuvre d'évangélisation. Ils s'embarquèrent sur le Rhin et remontèrent le fleuve. Après une première étape à Tuggen près du lac de Zurich, ils se rendirent dans la région de Bregenz près du lac de Constance pour évangéliser les Allemands.
Intransigente come era in ogni questione morale, Colombano entrò poi in conflitto anche con la Casa reale, perché aveva rimproverato aspramente il re Teodorico per le sue relazioni adulterine. Ne nacque una rete di intrighi e manovre a livello personale, religioso e politico che, nell’anno 610, si tradusse in un decreto di espulsione da Luxeuil di Colombano e di tutti i monaci di origine irlandese, che furono condannati ad un definitivo esilio. Furono scortati fino al mare ed imbarcati a spese della corte verso l’Irlanda. Ma la nave si incagliò a poca distanza dalla spiaggia e il capitano, vedendo in ciò un segno del cielo, rinunciò all’impresa e, per paura di essere maledetto da Dio, riportò i monaci sulla terra ferma. Essi, invece di tornare a Luxeuil, decisero di cominciare una nuova opera di evangelizzazione. Si imbarcarono sul Reno e risalirono il fiume. Dopo una prima tappa a Tuggen presso il lago di Zurigo, andarono nella regione di Bregenz presso il lago di Costanza per evangelizzare gli Alemanni.
Mais peu de temps après, Colomban, à cause d'événements politiques peu favorables à son œuvre, décida de traverser les Alpes avec la plupart de ses disciples. Seul un moine du nom de Gallus demeura; à partir de son monastère se développera ensuite la célèbre abbaye de Saint-Gall, en Suisse. Arrivé en Italie, Colomban trouva un accueil bienveillant auprès de la cour royale lombarde, mais il dut immédiatement affronter de grandes difficultés: la vie de l'Eglise était déchirée par l'hérésie arienne qui prévalait encore chez les Lombards et par un schisme qui avait éloigné la majeure partie des Eglises d'Italie du Nord de la communion avec l'Evêque de Rome. Colomban prit place avec autorité dans ce contexte, en écrivant un libelle contre l'arianisme et une lettre à Boniface IV pour le convaincre d'effectuer certains pas décisifs en vue d'un rétablissement de l'unité (cf. Epistula V). Lorsque le roi des Lombards, en 612 ou 613, lui assigna un terrain à Bobbio, dans la vallée de la Trebbia, Colomban fonda un nouveau monastère qui allait par la suite devenir un centre de culture comparable à celui très célèbre de Montecassino. C'est là qu'il finit ses jours: il mourut le 23 novembre 615 et c'est à cette date qu'il est fêté dans le rite romain jusqu'à nos jours.
Poco dopo però Colombano, a causa di vicende politiche poco favorevoli alla sua opera, decise di attraversare le Alpi con la maggior parte dei suoi discepoli. Rimase solo un monaco di nome Gallus; dal suo eremo si sarebbe poi sviluppata la famosa abbazia di Sankt Gallen, in Svizzera. Giunto in Italia, Colombano trovò un’accoglienza benevola presso la corte reale longobarda, ma dovette affrontare subito difficoltà notevoli: la vita della Chiesa era lacerata dall’eresia ariana ancora prevalente tra i longobardi e da uno scisma che aveva staccato la maggior parte delle Chiese dell’Italia settentrionale dalla comunione col Vescovo di Roma. Colombano si inserì con autorevolezza in questo contesto, scrivendo un libello contro l’arianesimo e una lettera a Bonifacio IV per convincerlo a fare alcuni passi decisi in vista di un ristabilimento dell’unità (cfr Epistula V). Quando il re dei longobardi, nel 612 o 613, gli assegnò un terreno a Bobbio, nella valle della Trebbia, Colombano fondò un nuovo monastero che sarebbe poi diventato un centro di cultura paragonabile a quello famoso di Montecassino. Qui giunse al termine dei suoi giorni: morì il 23 novembre 615 e in tale data è commemorato nel rito romano fino ad oggi.
Le message de saint Colomban se concentre en un ferme rappel à la conversion et au détachement des biens terrestres en vue de l'héritage éternel. Avec sa vie ascétique et son comportement sans compromis face à la corruption des puissants, il évoque la figure sévère de saint Jean Baptiste. Son austérité, toutefois, n'est jamais une fin en soi, mais ce n'est que le moyen de s'ouvrir librement à l'amour de Dieu et de répondre avec tout son être aux dons reçus de Lui, en reconstruisant ainsi en lui l'image de Dieu, en défrichant dans le même temps la terre et en renouvelant la société humaine. Je cite de ses Instructiones: "Si l'homme utilise correctement cette faculté que Dieu a accordée à son âme, alors il sera semblable à Dieu. Rappelons-nous que nous devons lui rendre tous les dons qu'il a déposés en nous lorsque nous étions dans la condition originelle. Il nous a enseigné la manière de le faire avec ses commandements. Le premier d'entre eux est celui d'aimer le Seigneur de tout notre cœur, parce qu'il nous a aimés lui le premier, depuis le commencement des temps, avant même que nous venions à la lumière de ce monde" (cf. Instr. XI). Ces paroles, le saint irlandais les incarna réellement dans sa propre vie. Homme de grande culture - il composa également des poésies en latin et un livre de grammaire -, il se révéla riche de dons de grâce. Il fut un inlassable bâtisseur de monastères ainsi qu'un prédicateur pénitentiel intransigeant, en dépensant toute son énergie pour nourrir les racines chrétiennes de l'Europe en train de naître. Avec son énergie spirituelle, avec sa foi, avec son amour pour Dieu et pour le prochain, il devint réellement un des Pères de l'Europe: il nous montre encore aujourd'hui où sont les racines desquelles peut renaître notre Europe.
Il messaggio di san Colombano si concentra in un fermo richiamo alla conversione e al distacco dai beni terreni in vista dell’eredità eterna. Con la sua vita ascetica e il suo comportamento senza compromessi di fronte alla corruzione dei potenti, egli evoca la figura severa di san Giovanni Battista. La sua austerità, tuttavia, non è mai fine a se stessa, ma è solo il mezzo per aprirsi liberamente all’amore di Dio e corrispondere con tutto l’essere ai doni da Lui ricevuti, ricostruendo così in sé l’immagine di Dio e al tempo stesso dissodando la terra e rinnovando la società umana. Cito dalle sue Instructiones: “Se l’uomo userà rettamente di quelle facoltà che Dio ha concesso alla sua anima allora sarà simile a Dio. Ricordiamoci che gli dobbiamo restituire tutti quei doni che egli ha depositato in noi quando eravamo nella condizione originaria. Ce ne ha insegnato il modo con i suoi comandamenti. Il primo di essi è quello di amare il Signore con tutto il cuore, perché egli per primo ci ha amato, fin dall’inizio dei tempi, prima ancora che noi venissimo alla luce di questo mondo” (cfr Instr. XI). Queste parole, il Santo irlandese le incarnò realmente nella propria vita. Uomo di grande cultura –scrisse anche poesie in latino e un libro di grammatica – si rivelò ricco di doni di grazia. Fu un instancabile costruttore di monasteri come anche intransigente predicatore penitenziale, spendendo ogni sua energia per alimentare le radici cristiane dell’Europa che stava nascendo. Con la sua energia spirituale, con la sua fede, con il suo amore per Dio e per il prossimo divenne realmente uno dei Padri dell’Europa: egli mostra anche oggi a noi dove stanno le radici dalle quali può rinascere questa nostra Europa.
St Columban's message is concentrated in a firm appeal to conversion and detachment from earthly goods, with a view to the eternal inheritance. With his ascetic life and conduct free from compromises when he faced the corruption of the powerful, he is reminiscent of the severe figure of St John the Baptist. His austerity, however, was never an end in itself but merely the means with which to open himself freely to God's love and to correspond with his whole being to the gifts received from him, thereby restoring in himself the image of God, while at the same time cultivating the earth and renewing human society. I quote from his Instructiones: "If man makes a correct use of those faculties that God has conceded to his soul, he will be likened to God. Let us remember that we must restore to him all those gifts which he deposited in us when we were in our original condition. "He has taught us the way with his Commandments. The first of them tells us to love the Lord with all our heart, because he loved us first, from the beginning of time, even before we came into the light of this world" (cf. Instructiones XI). The Irish Saint truly incarnated these words in his own life. A man of great culture - he also wrote poetry in Latin and a grammar book - he proved rich in gifts of grace. He was a tireless builder of monasteries as well as an intransigent penitential preacher who spent every ounce of his energy on nurturing the Christian roots of Europe which was coming into existence. With his spiritual energy, with his faith, with his love for God and neighbour, he truly became one of the Fathers of Europe. He shows us even today the roots from which our Europe can be reborn.
El mensaje de san Columbano se concentra en un firme llamamiento a la conversión y al desapego de los bienes terrenos con vistas a la herencia eterna. Con su vida ascética y su comportamiento sin componendas frente a la corrupción de los poderosos, evoca la figura severa de san Juan Bautista. Su austeridad, sin embargo, nunca es fin en sí misma; es sólo un medio para abrirse libremente al amor de Dios y corresponder con todo el ser a los dones recibidos de él, reconstruyendo de este modo en sí mismo la imagen de Dios y, a la vez, cultivando la tierra y renovando la sociedad humana.
En sus Instructiones dice: "Si el hombre utiliza rectamente las facultades que Dios ha concedido a su alma, entonces será semejante a Dios. Recordemos que debemos devolverle todos los dones que ha depositado en nosotros cuando nos encontrábamos en la condición originaria. La manera de hacerlo nos la ha enseñado con sus mandamientos. El primero de ellos es amar al Señor con todo el corazón, pues él nos amó primero, desde el inicio de los tiempos, antes aún de que viéramos la luz de este mundo" (cf. Instr. XI).
El santo irlandés encarnó realmente estas palabras en su vida. Hombre de gran cultura —escribió también poesías en latín y un libro de gramática—, gozó de muchos dones de gracia. Constructor incansable de monasterios, y también predicador penitencial intransigente, dedicó todas sus energías a alimentar las raíces cristianas de la Europa que estaba naciendo. Con su energía espiritual, con su fe y con su amor a Dios y al prójimo se convirtió realmente en uno de los padres de Europa: nos muestra también hoy dónde están las raíces de las cuales puede renacer nuestra Europa.
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Mercoledì, 11 giugno 2008
San Colombano
Saint Colomban, un saint "européen"
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2008.06.15
ROMANO IL MELODE

Je voudrais aujourd'hui parler d'une figure peu connue: Romanos le Mélode, né vers 490 à Emesa (aujourd'hui Homs) en Syrie. Théologien, poète et compositeur, il appartient au grand groupe des théologiens qui ont transformé la théologie en poésie. Nous pensons à son compatriote saint Ephrém de Syrie, qui vécut deux cents ans avant lui. Mais nous pensons également à des théologiens de l'Occident, comme saint Ambroise, dont les hymnes font encore aujourd'hui partie de notre liturgie et touchent également notre cœur; ou à un théologien, à un penseur d'une grande vigueur, comme saint Thomas, qui nous a donné les hymnes de la fête du Corpus Domini ; nous pensons à saint Jean de la Croix et à tant d'autres. La foi est amour et c'est pourquoi elle crée de la poésie et elle crée de la musique. La foi est joie, c'est pourquoi elle crée de la beauté.
Ainsi, Romanos le Mélode est l'un d'entre eux, un poète et compositeur théologien. Ayant appris les premiers éléments de la culture grecque et syriaque dans sa ville natale, il se transféra à Berito (Beyrouth), où il perfectionna son instruction classique et ses connaissances rhétoriques. Ordonné diacre permanent (v. 515), il y fut prédicateur pendant trois ans. Puis il se transféra à Constantinople vers la fin du règne d'Anasthase I (v. 518), et s'établit dans le monastère près de l'église de la Théotókos, Mère de Dieu. C'est là qu'eut lieu l'épisode-clef de sa vie: le Synaxaire nous informe de l'apparition en rêve de la Mère de Dieu et du don du charisme poétique. En effet, Marie lui intima d'avaler une feuille roulée. Le lendemain matin - c'était la fête de la Nativité du Seigneur - Romanos alla déclamer à l'ambon: "Aujourd'hui la Vierge fait naître le Transcendant" (Hymne "Sur la Nativité" I. Préambule). Il devint ainsi prédicateur et chantre jusqu'à sa mort (après 555).
Romanos demeure dans l'histoire comme l'un des auteurs d'hymnes liturgiques les plus représentatifs. L'homélie était alors, pour les fidèles, l'occasion pratiquement unique d'instruction catéchétique. Romanos apparaît ainsi comme le témoin éminent du sentiment religieux de son époque, mais également d'un style vivace et original de catéchèse. A travers ses compositions, nous pouvons nous rendre compte de la créativité de cette forme de catéchèse, de la créativité de la pensée théologique, de l'esthétique et de l'hymnographie sainte de ce temps. Le lieu où Romanos prêchait était un sanctuaire de la périphérie de Constantinople: il montait à l'ambon placé au centre de l'église et s'adressait à la communauté en ayant recours à une mise en scène demandant de grands moyens: il utilisait des représentations murales ou des icônes disposées sur l'ambon et il avait aussi recours au dialogue. Ses homélies étaient des homélies métriques chantées, appelées "contacio" (kontakia). Le terme "kontákion", "petite verge", paraît renvoyer au bâtonnet autour duquel on enroulait le rouleau d'un manuscrit liturgique ou d'un autre type. Les kontákia qui nous sont parvenus sous le nom de Romanos sont au nombre de quatre-vingt-neuf, mais la tradition lui en attribue mille.
Chez Romanos, chaque kontákion est composé de strophes, généralement de dix-huit à vingt-quatre, avec un nombre de syllabes égales, structurées sur le modèle de la première strophe (irmo); les accents rythmiques des versets de toutes les strophes se modèlent sur ceux de l'irmo. Chaque strophe se conclut par un refrain (efimnio) généralement identique, pour créer l'unité poétique. En outre, les initiales de chaque strophe indiquent le nom de l'auteur (acrostico), souvent précédé par l'adjectif "humble". Une prière se référant aux faits célébrés ou évoqués conclut l'hymne. Une fois terminée la lecture biblique, Romanos chantait le Préambule, généralement sous forme de prière ou de supplique. Il annonçait ainsi le thème de l'homélie et expliquait le refrain à répéter en chœur à la fin de chaque strophe, qu'il déclamait de manière cadencée à haute voix.
Un exemple significatif nous est offert par le kontakion pour le Vendredi de la Passion: c'est un dialogue dramatique entre Marie et son Fils, qui se déroule sur le chemin de croix: Marie dit: "Où vas-tu, mon fils? Pourquoi accomplis-tu si vite le cours de ta vie? / Jamais je n'aurais cru, mon fils, te voir dans cet état, / et je n'aurais jamais imaginé que les impies seraient arrivés à ce point de fureur / levant les mains sur toi contre toute justice". Jésus répond: "Pourquoi pleures-tu, ma mère? (...). Je ne devrais pas souffrir? Je ne devrais pas mourir? / Comment pourrais-je donc sauver Adam?". Le fils de Marie console sa mère, mais il la rappelle à son rôle dans l'histoire du salut: "Dépose, donc, mère, dépose ta douleur: / les gémissements ne te conviennent pas, car tu fus appelée "pleine de grâce"" (Marie au pied de la croix, 1-2; 4-5). Ensuite, dans l'hymne sur le sacrifice d'Abraham, Sara se réserve la décision sur la vie d'Isaac. Abraham dit: "Quand Sara écoutera, mon Seigneur, toutes tes paroles, / ayant connu ta volonté elle me dira: / - Si celui qui nous l'a donné le reprend, pourquoi nous l'a-t-il donné? (...) - Toi, ô vieillard, mon fils, laisse-le moi, / et quand celui qui t'a appelé le voudra, il devra me le dire" (Le sacrifice d'Abraham, 7).
Romanos adopte non pas le grec byzantin solennel de la cour, mais un grec simple proche du langage du peuple. Je voudrais ici citer un exemple de sa manière vivace et très personnelle de parler du Seigneur Jésus: il l'appelle "source qui ne brûle pas et lumière contre les ténèbres" et dit: " Je brûle de te tenir dans la main comme une lampe; / en effet, celui qui porte une lampe parmi les hommes est illuminé sans brûler. / Illumine-moi donc, Toi qui es la Lampe inextinguible" (La Présentation ou Fête de la rencontre, 8). La force de conviction de ses prédications était fondée sur la grande cohérence entre ses paroles et sa vie. Dans une prière, il dit: "Rends claire ma langue, mon Sauveur, ouvre ma bouche / et, après l'avoir remplie, transperce mon cœur, pour que mon action / soit cohérente avec mes paroles" (Mission des Apôtres, n. 2).
Examinons à présent certains de ses thèmes principaux. Un thème fondamental de sa prédication est l'unité de l'action de Dieu dans l'histoire, l'unité entre création et histoire du salut, l'unité entre Ancien et Nouveau Testament. Un autre thème important est la pneumatologie, c'est-à-dire la doctrine sur l'Esprit Saint. En la fête de la Pentecôte, il souligne la continuité qu'il y a entre le Christ monté au ciel et les apôtres, c'est-à-dire l'Eglise, et il en exalte l'action missionnaire dans le monde: "(...) avec la vertu divine ils ont conquis tous les hommes; / ils ont pris la croix du Christ comme une plume, / ils ont utilisé les paroles comme des filets et avec ceux-ci ils ont pêché le monde, / ils ont eu le Verbe pour hameçon pointu, / un appât est devenu pour eux / la chair du Souverain de l'univers" (La Pentecôte 2; 18).
Un autre thème central est naturellement la christologie. Il n'entre pas dans le problème des concepts difficiles de la théologie, tant débattus à cette époque et qui ont aussi tant déchiré l'unité non seulement entre les théologiens, mais également entre les chrétiens dans l'Eglise. Il prêche une christologie simple mais fondamentale, la christologie des grands Conciles. Mais surtout il est proche de la piété populaire - du reste les concepts des Conciles sont nés de la piété populaire et de la connaissance du cœur chrétien - et ainsi Romanos souligne que le Christ est vrai homme et vrai Dieu, et en étant vrai Homme-Dieu il est une seule personne, la synthèse entre création et Créateur: dans ses paroles humaines nous entendons parler le Verbe de Dieu lui-même. "Il était homme - dit-il - le Christ, / mais il n'est cependant pas divisé en deux: il est Un, fils d'un Père qui est Un seulement" (La Passion 19). Quant à la mariologie, reconnaissant à la Vierge pour le don du charisme poétique, Romanos la rappelle à la fin de presque tous les hymnes et lui consacre ses kontáki les plus beaux: Nativité, Annonciation, Maternité divine, Nouvelle Eve.
Enfin, les enseignements moraux se rapportent au jugement final (Les dix vierges [II]). Il nous conduit vers ce moment de la vérité de notre vie, de la confrontation avec le Juge juste et par conséquent il exhorte à la conversion dans la pénitence et dans le jeûne. De manière concrète, le chrétien doit pratiquer la charité, l'aumône. Il accentue le primat de la charité sur la continence dans deux hymnes, les Noces de Cana et les Dix vierges. La charité est la plus grande des vertus: "(...) dix vierges possédaient la vertu de la virginité intacte, / mais pour cinq d'entre elles le dur exercice fut sans fruit. / Les autres brillèrent par les lampes de l'amour pour l'humanité, / c'est pourquoi l'époux les invita" (Les dix Vierges, 1).
Une humanité palpitante, l'ardeur de foi, une profonde humilité imprègnent les chants de Romanos le Mélode. Ce grand poète et compositeur nous rappelle tout le trésor de la culture chrétienne, née de la foi, née du cœur qui a rencontré le Christ, le Fils de Dieu. De ce contact du cœur avec la Vérité qui est Amour naît la culture, est née toute la grande culture chrétienne. Et si la foi reste vivante, cet héritage culturel aussi ne devient pas chose morte, mais reste vivant et présent. Les icônes parlent encore aujourd'hui au cœur des croyants, ce ne sont pas des choses du passé. Les cathédrales ne sont pas des monuments médiévaux, mais des maisons de vie, où nous nous sentons "à la maison": nous rencontrons Dieu et nous nous rencontrons les uns les autres. La grande musique non plus - le chant grégorien ou Bach ou Mozart - n'est pas une chose du passé, mais elle vit de la vitalité de la liturgie et de notre foi. Si la foi est vivante, la culture chrétienne ne devient pas du "passé", mais reste vivante et présente. Et si la foi est vivante, aujourd'hui aussi nous pouvons répondre à l'impératif qui se répète toujours à nouveau dans les Psaumes: "Chantez au Seigneur un chant nouveau". Créativité, innovation, chant nouveau, culture nouvelle et présence de tout l'héritage culturel dans la vitalité de la foi ne s'excluent pas, mais sont une unique réalité; ils sont la présence de la beauté de Dieu et de la joie d'être ses fils.
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UDIENZA GENERALE
Aula Paolo VI
Mercoledì, 21 maggio 2008
Romano il Melode
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2008.06.08
LE CHRIST MÉDECIN

Il est descendu sur terre et, le premier, il a appelé ceux qui ne l'avaient pas encore appelé et qui n'avaient même jamais pensé à lui : « Je suis venu, dit-il, appeler les pécheurs ». S'il a recherché ainsi ceux qui ne le désiraient pas, que ne fera-t-il pas si on le prie ? S'il a aimé ceux qui le haïssaient, comment repousserait-il ceux qui l'aiment ? Comme le dit saint Paul : « Si Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils quand nous étions encore ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, nous serons sauvés par la vie du Christ ressuscité » (Rm 5,10).
Considérons donc en quoi consiste notre prière. Nous ne sommes certes pas dignes d'obtenir ce qu'il convient à des amis de demander et de recevoir, mais bien ce qui est accordé à des serviteurs rebelles, à des débiteurs bien fautifs. Nous n'invoquons pas notre Maître pour qu'il nous accorde une récompense ou une faveur, mais pour qu'il nous fasse miséricorde. Demander au Christ, ami des hommes, la miséricorde, le pardon ou la remise des fautes et ne pas repartir les mains vides après cette prière, à qui est-ce que cela convient, sinon à des débiteurs, puisque « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin » ? Bref, s'il a été accordé que les hommes devaient élever vers Dieu une voix implorant sa pitié, ce ne peut être que la voix de ceux qui ont besoin de miséricorde, la voix des pécheurs.
Invoquons Dieu donc non seulement par notre bouche mais aussi par nos désirs et nos pensées, afin d'appliquer à tout ce par quoi nous avons péché l'unique remède qui peut nous sauver, « car il n'y a pas d'autre nom, dit l'Ecriture, par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4,12).
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La Santa Sede
Saint Nicolas Cabasilas (vers 1320-1363),
théologien laïc grec
La Vie en Jésus Christ, livre 6
Le Christ médecin vient apporter le remède aux malades
Buona Domenica.
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2008.05.28
PSEUDO-DIONIGI AEROPAGITA

Je voudrais aujourd'hui parler d'une figure très mystérieuse : un théologien du sixième siècle, dont le nom est inconnu, qui a écrit sous le pseudonyme de Denys l'Aréopagite. Avec ce pseudonyme, il fait allusion au passage de l'Ecriture, histoire racontée par saint Luc dans le chapitre XVII des Actes des Apôtres, où il est rapporté que Paul prêcha à Athènes sur l'Aréopage, pour une élite du grand monde intellectuel grec, mais à la fin la plupart des auditeurs montrèrent leur désintérêt et s'éloignèrent en se moquant de lui; pourtant certains, un petit nombre nous dit saint Luc, s'approchèrent de Paul en s'ouvrant à la foi. L'évangéliste nous donne deux noms: Denys, membre de l'Aréopage, et une certaine femme, Damaris.
Si l'auteur de ces livres a choisi cinq siècles plus tard le pseudonyme de Denys l'Aréopagite, cela veut dire que son intention était de mettre la sagesse grecque au service de l'Evangile, d'aider la rencontre entre la culture et l'intelligence grecque et l'annonce du Christ; il voulait faire ce qu'entendait ce Denys, c'est-à-dire que la pensée grecque rencontre l'annonce de saint Paul; en étant grec, devenir le disciple de saint Paul et ainsi le disciple du Christ.
Pourquoi a-t-il caché son nom et choisi ce pseudonyme? Une partie de la réponse a déjà été donnée: il voulait précisément exprimer cette intention fondamentale de sa pensée. Mais il existe deux hypothèses à propos de cet anonymat et de ce pseudonyme. Une première hypothèse dit: c'était une falsification voulue, avec laquelle, en antidatant ses œuvres au premier siècle, au temps de saint Paul, il voulait donner à sa production littéraire une autorité presque apostolique. Mais mieux que cette hypothèse - qui me semble peu crédible - il y a l'autre: c'est-à-dire qu'il voulait précisément faire un acte d'humilité. Ne pas rendre gloire à son propre nom, ne pas créer un monument pour lui-même avec ses œuvres, mais réellement servir l'Evangile, créer une théologie ecclésiale, non individuelle, basée sur lui-même. En réalité, il réussit à construire une théologie que nous pouvons certainement dater du VI siècle, mais pas attribuer à l'une des figures de cette époque: c'est une théologie un peu désindividualisée, c'est-à-dire une théologie qui exprime une pensée et un langage commun. C'était une époque de dures polémiques après le Concile de Chalcédoine; lui, en revanche, dans sa Septième Epître dit: "Je ne voudrais pas faire de polémiques; je parle simplement de la vérité, je cherche la vérité". Et la lumière de la vérité fait d'elle-même disparaître les erreurs et fait resplendir ce qui est bon. Et avec ce principe, il purifia la pensée grecque et la mit en rapport avec l'Evangile. Ce principe, qu'il affirme dans sa septième lettre, est également l'expression d'un véritable esprit de dialogue: ne pas chercher les choses qui séparent, chercher la vérité dans la Vérité elle-même, qu'ensuite celle-ci resplendisse et fasse disparaître les erreurs.
La théologie de cet auteur, tout en étant donc pour ainsi dire "suprapersonnelle", réellement ecclésiale, peut être située au VI siècle. Pourquoi? Il rencontra dans les livres d'un certain Proclus, mort à Athènes en 485, l'esprit grec qu'il plaça au service de l'Evangile: cet auteur appartenait au platonisme tardif, un courant de pensée qui avait transformé la philosophie de Platon en une sorte de religion, dont le but à la fin était de créer une grande apologie du polythéisme grec et de retourner, après le succès du christianisme, à l'antique religion grecque. Il voulait démontrer que, en réalité, les divinités étaient les forces en œuvre dans le cosmos. La conséquence était que l'on devait considérer le polythéisme plus vrai que le monothéisme, avec un unique Dieu créateur. C'était un grand système cosmique de divinités, de forces mystérieuses, celui que nous montre Proclus, pour qui dans ce cosmos déifié l'homme pouvait trouver l'accès à la divinité. Il distinguait cependant les voies pour les simples, qui n'étaient pas en mesure de s'élever aux sommets de la vérité - pour eux certains rites même superstitieux pouvaient suffire - et les voies pour les sages, qui en revanche devaient se purifier pour arriver à la pure lumière.
Cette pensée, comme on le voit, est profondément antichrétienne. C'est une réaction tardive contre la victoire du christianisme. Un usage antichrétien de Platon, alors qu'était déjà en cours un usage chrétien du grand philosophe. Il est intéressant que ce Pseudo-Denys ait osé se servir précisément de cette pensée pour montrer la vérité du Christ; transformer cet univers polythéiste en un cosmos créé par Dieu, dans l'harmonie du cosmos de Dieu où toutes les forces sont une louange à Dieu, et montrer cette grand harmonie, cette symphonie du cosmos qui va des séraphins, aux anges et aux archanges, à l'homme et à toutes les créatures qui ensemble reflètent la beauté de Dieu et sont une louange à Dieu. Il transformait ainsi l'image polythéiste en un éloge du Créateur et de sa créature. Nous pouvons de cette manière découvrir les caractéristiques essentielles de sa pensée: elle est tout d'abord une louange cosmique. Toute la création parle de Dieu et est un éloge de Dieu. La créature étant une louange de Dieu, la théologie de Pseudo-Denys devient une théologie liturgique: Dieu se trouve surtout en le louant, pas seulement en réfléchissant; et la liturgie n'est pas quelque chose que nous avons construit, quelque chose d'inventé pour faire une expérience religieuse au cours d'une certaine période de temps; elle est un chant avec le chœur des créatures et l'entrée dans la réalité cosmique elle-même. Et c'est précisément ainsi que la liturgie n'apparaît plus seulement ecclésiastique mais devient vaste et grande, devient notre union avec le langage de toutes les créatures. Il dit: on ne peut pas parler de Dieu de manière abstraite; parler de Dieu est toujours - dit-il avec un mot grec - un "hymnein", un chant pour Dieu avec le grand chant des créatures, qui se reflète et se concrétise dans la louange liturgique. Toutefois, bien que sa théologie soit cosmique, ecclésiale et liturgique, elle est également profondément personnelle. Il créa la première grande théologie mystique. Le mot "mystique" acquiert même avec lui une nouvelle signification. Jusqu'à cette époque, pour les chrétiens ce mot était équivalent au mot "sacramentel", c'est-à-dire ce qui appartient au "mysterion", au sacrement. La parole "mystique" devient avec lui plus personnelle, plus intime: elle exprime le chemin de l'âme vers Dieu. Et comment trouver Dieu? Nous observons de nouveau ici un élément important dans son dialogue entre la philosophie grecque et le christianisme, en particulier la foi biblique. Apparemment, ce que dit Platon et ce que dit la grande philosophie sur Dieu est beaucoup plus élevé, est beaucoup plus vrai; la Bible apparaît assez "barbare", simple, précritique dirait-on aujourd'hui; mais lui remarque que c'est justement ce qui est nécessaire parce qu'ainsi nous pouvons comprendre que les concepts les plus élevés sur Dieu n'arrivent jamais jusqu'à sa vraie grandeur; ils sont toujours inappropriés. En réalité, ces images nous font comprendre que Dieu est au delà de tous les concepts; dans la simplicité des images, nous trouvons plus de vérité que dans les grands concepts. Le visage de Dieu est notre incapacité d'exprimer réellement ce qu'Il est. Aussi parle-t-on - comme le fait Pseudo-Denys - d'une "théologie négative". Nous pouvons plus facilement dire ce que Dieu n'est pas, plutôt que d'exprimer ce qu'Il est véritablement. Ce n'est qu'à travers ces images que nous pouvons deviner son vrai visage, et de l'autre côté ce visage de Dieu est très concret: c'est Jésus Christ. Et bien que Denys nous montre, en suivant en cela Proclus, l'harmonie des chœurs célestes, de telle façon qu'il nous semble que tous dépendent de tous, il reste vrai que notre chemin vers Dieu demeure fort éloigné de Lui; Pseudo-Denys nous montre que, finalement, la route vers Dieu est Dieu lui-même, Lequel se rapproche de nous en Jésus Christ.
C'est ainsi qu'une théologie tellement grande et mystérieuse devient également très concrète autant dans l'interprétation de la liturgie que dans le discours tenu sur Jésus Christ: avec tout cela, Denys l'Aréopagite eut une grande influence sur toute la théologie médiévale, sur toute la théologie mystique autant en Orient qu'en Occident, il fut presque redécouvert au treizième siècle notamment par saint Bonaventure, le grand théologien franciscain qui dans cette théologie mystique trouva le moyen conceptuel d'interpréter l'héritage tellement simple et profond de saint François: le "poverello", avec Denys, nous dit finalement que l'amour voit plus que la raison. Là où se trouve la lumière de l'amour on ne souffre plus des ténèbres de la raison; l'amour voit, l'amour est un œil et l'expérience nous donne plus que la réflexion. Quelle que soit cette expérience, Bonaventure le vit en saint François: c'est l'expérience d'un cheminement très humble, très réaliste, jour après jour, c'est cela aller avec le Christ, en acceptant sa croix. Dans cette pauvreté et dans cette humilité, dans l'humilité que l'on éprouve également dans la vie ecclésiale, on fait une expérience de Dieu qui est plus élevée que celle que l'on atteint par la réflexion: à travers elle, nous touchons réellement le cœur de Dieu.
Il existe aujourd'hui une nouvelle actualité de Denys l'Aréopagite: il apparaît comme un grand médiateur dans le dialogue moderne entre le christianisme et les théologies mystiques de l'Asie, dont la caractéristique la plus connue est la conviction selon laquelle on ne peut pas dire qui est Dieu; on ne peut parler de Lui que sous forme négative; on ne peut parler de Dieu qu'avec le "ne pas", et ce n'est qu'en entrant dans cette expérience du "ne pas" qu'on Le rejoint. On voit ici une proximité entre la pensée de l'Aréopagite et celle des religions asiatiques: il peut être aujourd'hui un médiateur comme le il fut entre l'esprit grec et l'Evangile. On voit ainsi que le dialogue n'accepte pas la superficialité. C'est justement quand quelqu'un entre dans la profondeur de la rencontre avec le Christ que s'ouvre également le vaste espace pour le dialogue. Quand quelqu'un rencontre la lumière de la vérité, on s'aperçoit qu'il est une lumière pour tous; les polémiques disparaissent et il devient possible de se comprendre l'un l'autre ou au moins de parler l'un avec l'autre, de se rapprocher. Le chemin du dialogue est justement la proximité dans le Christ à Dieu dans la profondeur de la rencontre avec Lui, dans l'expérience de la vérité qui nous ouvre à la lumière et nous aide à aller à la rencontre des autres: la lumière de la vérité, la lumière de l'amour. Et il nous dit en fin de compte: empruntez la voie de l'expérience, de l'expérience humble de la foi, chaque jour. Le cœur devient alors grand et peut voir et illuminer également la raison pour qu'elle voie la beauté de Dieu. Prions le Seigneur pour qu'il nous aide aujourd'hui aussi à mettre au service de l'Evangile la sagesse de notre époque, en découvrant à nouveau la beauté de la foi, la rencontre avec Dieu dans le Christ.
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BENEDICTVS PP. XVI
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La Santa Sede
UDIENZA GENERALE
Piazza San Pietro
Mercoledì, 14 maggio 2008
Pseudo-Dionigi Areopagita
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2008.05.25
DE CE CORPS TRÈS GLORIEUX

Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le coeur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. n'en tire pas orgueil, et n'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne - cette nourriture inconnue de tes pères - pour te faire connaître la pauvreté et pour t'éprouver avant de te rendre heureux.
Pour développer une spiritualité eucharistique profonde, capable aussi de peser significativement sur le tissu social, il est nécessaire que le peuple chrétien, qui rend grâce par l'eucharistie, ait conscience de le faire au nom de la création tout entière, aspirant ainsi à la sanctification du monde et travaillant intensément à cette fin… La liturgie elle-même nous éduque à tout cela quand, durant la présentation des dons, le prêtre adresse à Dieu une prière de bénédiction et de demande en relation avec le pain et le vin, « fruit de la terre », « de la vigne » et du « travail des hommes ». Par ces paroles, en plus d’impliquer dans l'offrande à Dieu toute l'activité et l'effort humains, le rite nous pousse à considérer la terre comme création de Dieu, qui produit pour nous ce dont nous avons besoin pour notre subsistance.
La terre n'est pas une réalité neutre, une simple matière à utiliser indifféremment selon l'instinct humain. Elle se place au coeur même du bon dessein de Dieu, par lequel nous sommes tous appelés à être fils et filles dans l'unique Fils de Dieu, Jésus Christ (Ep 1,4-12). Les légitimes préoccupations concernant les conditions écologiques de la création en de nombreuses parties du monde trouvent des points d’appui dans la perspective de l'espérance chrétienne, qui nous engage à oeuvrer de manière responsable pour la sauvegarde de la création.
Dans la relation entre l'eucharistie et le cosmos, en effet, nous découvrons l'unité du dessein de Dieu et nous sommes portés à saisir la profonde relation entre la création et la « nouvelle création », inaugurée dans la résurrection du Christ, nouvel Adam. Nous y participons déjà maintenant en vertu du baptême (Col 2,12s) ; ainsi, pour notre vie chrétienne nourrie de l'eucharistie, s'ouvre la perspective du monde nouveau, du ciel nouveau et de la terre nouvelle, où la Jérusalem nouvelle descend du ciel, de chez Dieu, « toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » (Ap 21,2).
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Livre du Deutéronome 8,2-3.14-16.
Pape Benoît XVI
Sacramentum caritatis
L’Eucharistie, lien entre la première création et la nouvelle création
A tutti auguro una buona domenica, buona settimana
Pange lingua gloriosi
Corporis mysterium,
Sanguinisque pretiosi,
Quem in mundi pretium
Fructus ventris generosi,
Rex effudit gentium.
Nobis datus, nobis natus
Ex intacta Virgine
Et in mundo conversatus,
Sparso verbi semine,
Sui moras incolatus
Miro clausit ordine.
In supremae nocte cenae
Recum bens cum fratribus,
Observata lege plene
Cibis in legalibus,
Cibum turbae duodenae
Se dat suis manibus
Verbum caro, panem verum
Verbo carnem efficit:
Fitque sanguis Christi merum,
Et si sensus deficit,
Ad firmandum cor sincerum
Sola fides sufficit.
Tantum ergo Sacramentum
Veneremur cernui:
Et antiquum documentum
Novo cedat ritui:
Praestet fides supplementum
Sensuum defectui.
Genitori, Genitoque
Laus et iubilatio,
Salus, honor, virtus quoque
Sit et benedictio:
Procedenti ab utroque
Compar sit laudatio. Amen.
P. Panem de coelo praestitisti eis. (T.P. Alleluia)
R. Omne delectamentum in se habentem. (T.P. Alleluia)
Oremus: Deus, qui nobis sub sacramento mirabili, passionis tu? memoriam reliquisti: tribue, quaesumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra mysteria venerari, ut redemptionis tu? fructum in nobis iugiter sentiamus. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum.
R. Amen.
11:00 Publié dans CORPUS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : religion, christianisme, Évangiles, benoit xvi, spiritualitÉ, Écrit







