2009.05.12
À PROPOS D'ACHILLE
Doux et Heureux KMAIR*,
Je me remémore notre conversation sous le porche,
Vous étiez emportés vous même et ce n'était que violence toute nue.
La colère bien sûr, mais sûrement aussi un certain état de tristesse, qui n'entendait plus rien et même avait oublié ses causes, qui était en son centre blanche, atone, radicalement désespérée, qu'on ne pouvait pas comprendre.
N'y a-t-il pas quelque chose qui vous frappe dans la colère d'Achille, dans sa fureur comme dans son chagrin qui est de même essence ?
Sa solitude est absolue.
L'emportement l'a propulsé là où il ne subsiste rien ni personne, toute chose est dissoute ou paraît si éloignée dans la distance vertigineuse qu'y met la colère ou le chagrin. Même l'amour fut peut-être un nom de cela, dont la passion n'est que le degré approchant, le simple élan avant un emportement définitif. Comme à un moment dans le saut, le plongeon, le corps se raidit tout entier, se suspend et ignore à l'abstraction le lieu où il se tient, vous avez été hors du monde comme un bloc, comme une aile. Et malgré la loi de la gravité, il y avait un risque - même infime - d'y rester, comme la colère d'Achille paraît indéfinie, sa douleur interminable, qui depuis la mort de Patrocle, va et revient comme une mer, vague après vague, et se mue en sanglots et se mue en fureur, et de nouveau frappe et tue, et de nouveau pleure.
Achille regarde Patrocle brûler sur le bûcher, c'est comme si on avait passé une main sur ce visage...
Sur Toi le Salut de Dieu.
posted by JSV@00:00 CEST
Photo Originally Uploaded by KMAIR*.
VIA DEL MARE
Les hommes sont solitaires.
Ils se volent mutuellement l'amour.

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Thank you for flying KMAIR*,
we hope you had a pleasant flight,
please fly with us again...
00:00 Publié dans EROS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amitiÉ, belles-lettres, blabla


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