2006.11.27
NOUVELLE LETTRE OTTOMANE

Doux et Heureux KMAIR*,
À l'aurore de la puissance islamique, il ne semble pas que le Prophète et les premiers conquérants aient été mus d'un fanatisme aussi farouche que quelques-uns de leurs successeurs. On retrouve à constantinople des témoignages touchants de la fraternité dans la prière qui rapprocha parfois les vainqueurs et les vaincus.
Il me souvient d'une antique petite mosquée, située dans un faubourg lointain, la première où, dans Constantinople, fut glorifié le nom d'Allah. Au milieu d'un labyrinthe de constructions branlantes, affaissées sous le poids des siècles, la Karyeh Djami se dresse solitaire, recueillie dans sa paix mystique et dans la majesté de son âge. Elle a le droit de s'enorgueillir de son antiquité et de ses origines. Église chrétienne dès les premiers temps du règne de Jésus-Christ à Byzance, elle fut d'abord consacrée à ce roi d'un monde nouveau. Convertie en mosquée par les conquérants, elle porte les traces de sa consécration primitive : des mosaïques belles et curieuses, les plus anciennes de Byzance, recouvrent ses parvis. Elle est d'un symbolisme éloquent : divisée par un mur léger, sans toutefois que le lieu de prière des uns fût interdit à la foi des autres, chrétiens et musulmans y prièrent côte à côte près d'un siècle.
posted by YASSINE@04:59PM
Souvenirs de Rhamazan - Marc Hélys.
photo-copy flickr gamma Yerebatan Sarayi
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18:00 Publié dans OSSEVATORE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BELLES-LETTRES, ECRITURE, LIRE, LITTERATURE, CORRESPONDANCE



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