2005.11.18

TRISMÉGISTE

Messager de l'intelligence colorée de mille ruses, Fils de Zeus et de Maïa, Hermes saute de son berceau le soir même de sa naissance dans une caverne d'Arcadie et traverse la Grèce, durant la nuit, jusqu'en Thessalie. Là il dérobe un troupeau confié à la garde d'Apollon, profitant de ce que ce demi-frère est alors accaparé par ses amours avec Hymènaios, jeune homme "célèbre pour sa beauté", et par ailleurs divinité du mariage.

Hermès devient du coup le Dieu des voleurs ; joignant la ruse à la rapine, il fait marcher le troupeau à l'envers ou attache des branches à la queue des animaux afin de brouiller les pistes.

Ingénieux et amical aux hommes, Hermès leur offre avec générosité ses innombrables trouvailles : la lyre ou la flûte, l'alphabet ou l'astronomie, les poids et mesures ou le moyen de produire une étincelle lorsque le feu s'est éteint.

Plus humain encore que les autres Dieux, Hermès est d'ailleurs si favorable aux mortels que, pour parler d'un coup de chance, en grec ancien "hermaion" peut se traduire par "coup d'Hermès"...

Dieu des voleurs, il est aussi celui de la ruse, des orateurs, apothicaires, menteurs et avocats. Dès le lendemain du vol du troupeau, lorsque Apollon en accuse Hermès celui-ci nie effrontément et jure sur la tête de son père, Zeus, roi des Dieux qu'il n'y est pour rien (lui un nourrisson !).

Plus tard, réconcilié avec Apollon, il échange la flûte qu'il vient d'inventer (la flûte de Pan !) contre la houlette d'or de son demi-frère. Puis, rencontrant deux serpents entrain de copuler, il utilise celle-ci pour les séparer.Les deux reptiles s'enroulent alors autour du bâton et forment le caducée surmonté des ailes qu'Hermès porte également à ses sandales et sur son couvre-chef à larges bords, ou pétase, afin de délivrer (à la vitesse de l'ADSL) au Dieux comme aux mortels, les messages que lui confie Zeus à partir du moment où le roi des Dieux a décidé de faire de ce fils qu'il s'amuse, dans son culot et son insolence, sa malice, son ingéniosité et sa mauvaise foi, le Dir'Com de l'Olympe.

Athlète accompli, Hermès est aussi le fondateur de la danse et avec Héraklès, le protecteur des sportifs...
Proches des Hommes, il l'est jusque dans sa manière de soulager ses pulsions. Ainsi, loin de la prohibition chrétienne et bourgeoise de la masturbation, prend-il soin d'enseigner cette "technique" à l"un de ses fils, Pan, homme-bouc dont l'apétit sexuel de nymphes ou de jeunes gens ne trouve pas toujours à se satisfaire.

L'hermaion ("coup de chance") désigne aussi le Dieu psychopompe (convoyeur des âmes) du panthéon hellénique, celui qui guide, avec douceur, vers les enfers, les défunts comme les vivants auquel le destin à imposé l'épreuve initiatique d'un voyage chez Hadès.

Divinité de tous les "savoirs" ésotériques, Hermès devient alors "trois fois Le plus Grand" ou "TRISMÉGISTE" et à l'origine de "l'Hermétisme". Aussi le caducée, bâton magique qui peut transformer un animal ou plonger dans la petite mort, a suscité au cours des siècles, bien des interprétations du phallus ailé à l'axe du monde, la représentation du principe primordial autour duquel s'enroulent et s'affrontent la vie et la mort, le Bien et le Mal, le masculin et le féminin, la connaissance réelle (spirituelle) et la connaissance apparente (trop sensible) ;

TROIS FOIS LE PLUS GRAND !

posted by JSV@05:14PM
photo-copy flickr Hangin’ at Serendip Antiques
(and oh yeah–happy Pride Week, Toronto.)
Originally uploaded by David Wyman.
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