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2005.10.30
HEUREUX LES SIMPLES D'ESPRIT
Innocent et illettré, le jardinier Chance ne s’en imposera pas moins dans les plus hautes sphères. Un réjouissant Candide made in USA et l’une des dernières apparitions à l’écran de Peter Sellers.
Chance travaille comme jardinier dans une maison luxueuse où il vit depuis sa naissance. Il ne sait ni lire, ni écrire et ne connaît de la vie que ce qu’il voit dans son jardin et à la télévision. À la mort du propriétaire, il doit quitter les lieux et s’aventure pour la première fois dans les rues de Washington. Il est alors blessé par la voiture d’Eve Rand, l’épouse d’un homme d’affaires. Très vite, celui-ci s’attache à Chance, dont les paroles innocentes lui semblent empreintes de bon sens.
À travers l’ascension de Chance, qui, à la fin, fait figure de candidat crédible pour la Maison-Blanche, Hal Ashby se livre à une satire réjouissante des milieux financiers, politiques et médiatiques, fustigeant au passage l’omniprésence de la télévision. Il dépeint une société si artificielle qu’elle entrevoit mille malices derrière un être candide. Sur cet homme à l’esprit vide, qui agit par mimétisme, chacun projette ce qui l’arrange. Sur le point de mourir, Benjamin voit en lui l’homme solide à qui il peut confier ses projets et sa femme. Eve le considère comme l’amant qui va la révéler à elle-même et l’ambassadeur d’URSS, comme un lettré russophone. Pour composer cet étrange personnage, qui prend, durant les dernières minutes, une dimension mystique, Peter Sellers s’est inspiré de la voix de Stan Laurel. Le résultat est saisissant de justesse et d’autant plus émouvant qu’il s’agit du dernier film sorti du vivant de l’acteur.
Bienvenue, Mister Chance (Being there)
Film de Hal Ashby
(États-Unis, 1979, 2h04mn, VF)
Scénario : Jerzy Kosinski, d’après son propre roman Mr Chance
Avec : Peter Sellers (Chance), Shirley MacLaine (Eve Rand), Melvyn Douglas (Benjamin Rand), Jack Warden (le président), Richard Dysart (le Dr Allenby), Richard Basehart (Vladimir Skrapirov), Ruth Attaway (Louise)
Image : Caleb Deschanel
Montage : Don Zimmerman
Musique : Johnny Mandel
Production : Lorimar
Oscar du meilleur acteur dans un second rôle (Melvyn Douglas), 1980
Golden Globes du meilleur acteur (Peter Sellers) et du meilleur second rôle (Melvyn Douglas), 1980
posted by OSTIAN@06:56PM
19:36 Publié dans VEDERE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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