2005.10.25
DEUS VULT
Tout a commencé dans les années qui suivirent la première croisade en Terre Sainte (1096-1099). Malgré la prise de Jérusalem par les croisés (le 15 Juillet 1099), la sécurité des pélerins n'étaient pas assurée. Entre les brigands locaux et les croisés aux buts peu louables, les pélerinages devenaient parfois tragiques.
Hugues de Payns (Hugues de Payens, de la Maison des comtes de Champagne) et Geoffroy de Saint-Omer vivant sous la Règle des chanoines de saint-Augustin choisirent d'assurer la garde du défilé d'Athlit, le chemin d'accès le plus dangereux pour les pélerins. Ce dernier deviendra plus tard le Château-Pélerin. Et c'est 1118 que l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ voit le jour...
Revenant près des Lieux Saints, Baudoin II, roi de Jérusalem, leur octroie une partie de son palais, à l'emplacement du Temple de Salomon. Ils deviennent alors très rapidement les Chevaliers du Temple ou Templiers du fait de cet emplacement symbolique (bâti en 961 avant Jésus-Christ, le Temple de Salomon fut détruit par les Chaldéens en 587 avant Jésus-Christ, reconstruit et définitivement détruit en 135 par l'empereur Hadrien).
Ils se font alors assister par sept autres chevaliers français : André de Montbard (neveu de Saint-Bernard), Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de Montdésir, Geoffroy Bisol et Archambaud de Saint-Agnan. L'ordre du Temple prend forme en 1119 par ces neuf chevaliers désirant protéger les chrétiens en pélerinage à Jérusalem.
C'est au concile de Troyes (14 Janvier 1128), à la demande de Saint-Bernard (Bernard de Clairvaux) que l'Ordre est véritablement créé. L'Éloge de la Nouvelle Milice est un témoignage capital de l'importance de Saint-Bernard dans la création de l'Ordre du Temple. Il aurait lui-même écrit la Règle qui régit le fonctionnement complet de l'Ordre.
C'est seulement en 1141 que le pape octroya la croix pattée rouge aux Templiers. Auparavant, les chevaliers étaient seulement vêtus d'un manteau blanc et les sergents d'un manteau brun. Cette croix était cousue sur l'épaule gauche de leur vêtement. De nombreux dessins ou illustrations sont trompeurs à ce sujet... De plus, chaque époque a adapté leur apparence à son style : le XVIIème siècle, par exemple présentera le grand maître avec un chapeau, portant une plume d'ornement, ce qui semble plutôt anachronique au temps des croisades !
Pendant près de deux siècles, les Templiers vont accroître leur aura pour revenir en 1291, après le chute de Saint-Jean d'Acre en Occident. Leur mission de protection des pélerins avait bien évolué et de nombreuses dérives eurent lieu. La prise d'Ascalon (Août 1153) est un exemple de l'ambition de certains grands maîtres à l'égard du pouvoir temporel. Le grand maitre en fonction, Bernard de Trémelay, avait en effet cherché à bloquer l'entrée aux autres Francs dès l'ouverture d'une brèche dans les murs de la ville pour laisser le champ libre aux chevaliers du Temple... Leur lutte continue avec les Chevaliers Teutoniques provoqua souvent des tensions dans les camps des croisés et ne facilita pas la cohésion des Francs en Terre Sainte. Leur retour ne pouvait pas plaire à tout le monde, d'autant plus que l'Ordre du Temple ne faisait que s'enrichir au fil du temps : donnations, achats, intérêts des prêts accordés... tout semblait donner à l'Ordre une puissance lui permettant de bouleverser l'organisation féodale...
Philippe le Bel, envieux vis à vis des Templiers, du fait de leurs richesses et de leur puissance a cherché par plusieurs moyens à les utiliser à ses fins. Cherchant au départ à en devenir le grand maître tout en restant roi de France, il joua un jeu de trahison qui fini par l'arrestation, le Vendredi 13 Octobre 1307 au matin, de tous les Templiers du royaume. Les Templiers étaient devenus trop puissants et ils menaçaient de dépasser les rois en fonction. Banquiers (Henri III d'Angleterre, Saint-Louis, Philippe Auguste, ... y firent appel), milices protectrices, ils avaient pourtant bien aidé Philippe le Bel en le protégeant par exemple des émeutes à Paris qui faillirent lui coûter la vie !
Un procès inique suivra cette arrestation bien orchestrée. Pendant sept années, les Templiers en liberté chercheront à se justifier auprès du pape, le seul à qui ils devaient théoriquement des comptes. Menacé par Philippe le Bel et ses sbires, ce dernier ne les écoutera souvent même pas ! Le 22 Mars 1312, le pape Clément V abolit l'Ordre du Temple.
Le 18 Mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay furent livrés aux flammes d'un bûcher dressé dans l'île de la cité de Paris. Jacques de Molay, dernier grand maître du Temple (et vingt-troisième) lança alors l'anathème «Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal de Dieu ! Et toi aussi, roi Philippe !». De fait, Clément V et Philippe le Bel moururent respectivement le 20 Avril et le 29 Novembre de la même année...
Suivant Philippe le Bel, les rois de France furent baptisés les Rois Maudits... et il est vrai que la lignée de ce dernier s'est éteinte à son 22ème successeur Louis XVI : ironie de l'histoire ou symbolisme ? il sera enfermé à Paris, dans la Tour Carrée aux tourelles rondes qui servi de maison-mère au Temple.
En 1318 se réunirent plus de 3 000 chevaliers du Temple (malgré son abolition par le pape) à Spoletto (en Italie du nord). Deux factions se dessinèrent : ceux qui voulaient vanger le Temple et ceux qui voulaient perpétuer les secrets de la chevalerie. Ce fut la deuxième fut décida de l'avenir...
posted by JSV@05:38PM
19:35 Publié dans COSE DELLA VITA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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