2005.10.07
MONTSEGUR
Le navire de Montségur
Dans le ciel noir berce ses rêves.
Les passagers du clair-obscur
Du sommeil respectent la trêve.
Soudain le vent qui tourbillonne
Réveille les dormeurs surpris,
Les herbes du rempart frissonnent,
La cloche sonne. Il est minuit.
Sur le Tabe l'orage gronde,
les murs se lézardent de feu,
Quand le fantôme d'Esclarmonde
Revient pleurer son amoureux.

Les diamants de son diadème
Scintillent plus que les éclairs.
Ses yeux noirs ruissellent de gemmes.
Le bûcher rougoie comme hier.
La coudraie du pog se fait dense
Pour protéger comme autrefois
Les guerriers au coeur de silence
Cuirassés de glaive et de Foi.
Le bliaut flotte dans les branches,
Se recueille au pré des brûlés.
Dans le noir des lucioles blanches
Racontent son amour blessé.

Dans le lac Noir l'éclair attend
La visiteuse accoutumée,
L'oiseau blanc au coeur fulminant
Qui le matin périt, noyé.
Poème de Christine Clairmont à Monsieur Crouzet
20:50 Publié dans COSE DELLA VITA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.