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2005.09.09
THE CORPSE BRIDE
Dans un village à l’époque victorienne, le fils d’une famille très riche de poissonniers, Victor, rencontre pour la première fois Victoria, fille d’une famille d’aristocrates désargentés qu’il doit épouser le lendemain. Il s’empêtre dans son texte en répétant la cérémonie et le pasteur, excédé, le renvoie. Il tente de dire correctement ses vœux dans la forêt lorsque surgit le cadavre d’une mariée. Il se retrouve uni à cette belle de l’au-delà et tombe dans le Pays des Morts.
Le somptueux conte d’animation Nightmare Before Christmas est gravé dans les mémoires cinéphiles comme un tour de magie inégalable, le premier moment où sur un écran l’objet animé égalait le mouvement vivant avec une fluidité sublime. Pour ce second film, Tim Burton co-réalise avec Mike Johnson au lieu d’Henry Selick et change de style tout en gardant le même esprit fait d’humour noir et de fable gothique à la Edgar Poe sur deux mondes se rencontrent par accident. Les figures animées respirent presque, virevoltent, dansent et chantent : elles provoquent toujours et encore cette effroi subtil, cette « inquiétante étrangeté » des objets qui bougent seuls.
Tim Burton a une véritable passion pour le Stop Motion Animation, l’animation image par image, cette technique ancienne et si perfectible comme il le prouve à chaque tentative sidérante. Les « maîtres » créateurs de marionnettes Mackinnon et Saunders ont innové ici avec le silicone qui donne de nouvelles expressions et des mouvements aux visages des poupées. La peau des personnages semble douce et souple bien que grise et pâle. Car, dans Corpse Bride, le principe est posé dès les premiers instants : les vivants évoluent dans un monde d’un noir et blanc subtil et le Pays des Morts éclate de couleurs délirantes. Les squelettes déchaînés dansent sur du jazz dans le bar du coin et les autres morts y boivent joyeusement des pintes. L’histoire est tirée d’un conte russe sur un homme qui épouse une morte par mégarde mais l’ambiance oscille plutôt bizarrement entre le gothique cintré victorien et la Fiesta des Morts mexicaine.
Quand Victor demande par mégarde au squelette de son ex-petit chien adoré de « faire le mort » ou quand un hussard cite Autant en emporte le vent, l’humour noir de Tim Burton fait des merveilles. Les personnages très stylés dans leurs formes incarnent des archétypes singuliers, attachants : du héros introverti Victor très Edward Scissorhands jusqu’à Maggot, le vers comac de la mariée, sorte de Jimminy Criket un peu vicelard. Tim Burton dans un numéro renversant jongle, en magicien du 7ème art, de l’horreur d’une nuit parmi les morts, au fantastique grotesque d’une gigue de squelettes pour finir sur le romantisme échevelé d’un héros partagé entre ses deux bien-aimées adorables, l’une vivante et l’autre morte.
Delphine
Venise 2005 - Hors Compétition
Un film d’animation de Mike Johnson et Tim Burton
(USA, 2005, 75 mn)
Avec les voix de Johnny Depp, Emily Watson, Helena Bonham-Carter, Christopher Lee, Joanna Lumley…
22:14 Publié dans MOSTRA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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