2005.08.28
COLLATERAL... Dommage !
USA | 2004 | Un film de Michael Mann | Avec Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Mark Ruffalo, Peter Berg, Javier Bardem
Après sa biographie filmée de Mohammed Ali, Ali, Michael Mann revient à ses premiers amours, le polar. De son côté, après John Woo, Kubrick, Steven Spielberg... Tom Cruise ajoute un nouveau réalisateur de talent à son tableau de chasse déjà bien étoffé.
La séquence d’ouverture du film est de toute beauté tant sur le plan visuel que de la mise en scène : Couleur, jeu sur les profondeurs de champs, mouvement de caméra... Michael Mann y introduit brièvement Vincent (Tom Cruise), et nous convie au crépuscule à une déambulation dans Los Angeles dans le taxi conduit par Max (Jamie Foxx). On assiste à une course en taxi qui se transforme en jeu de séduction entre Max et la délicieuse Jada Pinkett Smith, dans le rôle de la procureur, Annie Farrell. Les craintes nées à la vision de la bande-annonce laissant subodorer l’utilisation d’une caméra numérique, fût elle haute définition, semblaient donc infondées. La désillusion qui suivit n’en fût que plus cruelle.
A plusieurs reprises au cours du film, et même crime de lèse majesté, pour des gros plans de Tom Cruise, la mise au point est déficiente. Constatation pour le moins paradoxale, l’avantage de la numérique HD n’est-il pas de permettre d’accroître la profondeur de champs ! Quant à la fluidité de l’image, lorsque les acteurs et/ou la caméra se déplacent, le numérique laisse encore à désirer. Dernier point, les images faute d’une lumière suffisante, prennent parfois une teinte grise, verdâtre, bref rien de bien ragoûtant.
De telles imperfections sont difficiles à digérer, surtout lorsque l’on s’appelle Michael Mann, que l’on tourne avec l’homme qui valait mille milliards de dollars, et que l’on dispose de toute la puissance technique de la machine hollywoodienne.
Bien sûr, l’utilisation d’un tel matériel donne plus de souplesse au réalisateur et d’énergie à la mise en scène. Pourtant d’autres réalisateurs, comme Doug Liman pour La Mémoire dans la Peau, arrivent au même résultat, en faisant appel au 35 mm classique. Il me semble à ce propos que la mode, je mets de l’énergie dans mon film, mais au diable la mise au point, soit une nouvelle tendance. Et non pas seulement pour une ou deux scènes, mais de façon systématique tout au long du film. J’en prends pour exemple récent La Mort dans la Peau et Clean. Rendons grâce cependant à Olivier Assayas de savoir poser sa caméra quant il le faut.
N’accablons pas non plus Michael Mann ( !), abstraction faite de certains passages gâchés par le numérique, son film contient de nombreux points positifs. Notamment les scènes d’action qui, comme à son habitude, sont de bonne facture. En outre, le réalisateur maintient sans peine en haleine le spectateur tout au long de son film.
La partie la plus réussie film n’est pas celle qui se rapproche du polar traditionnel, mais l’errance en taxi dans la nuit angelinos.
Autant le face à face Vincent/Max est intéressant, autant le fil conducteur de l’intrigue, les 5 assassinats que doit commettre le personnage interprété par Tom Cruise, est plombé. Difficile en particulier d’imaginer que ces 5 personnes, supposées témoigner à un important procès contre un cartel de la drogue, soient aussi peu protégées qu’elles ne le sont dans le film.
Les scènes de “road-movie” dans Los Angeles sont bien plus fascinantes. Rarement Los Angeles aura été aussi bien filmé. C’est devenu un lieu commun, mais la cité des anges est un des personnages importants du film. Michael Mann nous invite dans les différentes quartiers de la ville : celui des latinos, des noirs, des coréens avant de finir à downtown L.A.
Quant aux acteurs de chair et de sang, Michael Mann utilise Tom Cruise avec intelligence. Plus que le jeu de l’acteur, c’est le corps de celui-ci qu’il met en avant. Ne me demandez pas de l’expliquer, cela m’a paru évident au long de ce film. Tom Cruise joue le rôle de révélateur. La façade derrière laquelle se cache Max va s’effriter, poussé dans ses limites par le tueur. Le point de basculement du film intervient lorsque Vincent force Max à prendre son identité. Dès lors, le rapport entre les deux personnages s’inverse. Max va cesser d’être passif, et prendre son destin en main.
COLLATERAL en DVD chez DREAMWORKS Home Entertainment
// posted by jsv @ 10:34
13:30 Publié dans VEDERE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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